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Monde

Le pays au ralenti

Brésil. L’une des plus grosses grèves générales depuis des années

Des artères désertes à Sao Paulo, les liaisons maritimes dans la baie de Rio interrompues et, surtout, l’ensemble du tissu industriel du pays paralysé. C’est ainsi que les travailleurs du public comme du privé ont répondu à la réforme du marché du travail voulu par Temer.

Votée dans l’urgence jeudi, par un parlement a demi-corrompu alors qu’une bonne partie du cabinet du président Temer est dans le viseur de la justice, la contre-réforme du marché du travail a suscité une levée de boucliers qui s’est traduite par l’une des plus grosses grèves générales depuis la chute de la dictature au milieu des années 1980.

Après le coup d’Etat institutionnel contre le Parti des Travailleurs de Dilma Rousseff et Lula et des élections locales qui semblaient avoir consolidé la droite au pouvoir, le résultat de la grève n’était pas couru d’avance. Et pourtant, dans le cadre d’une forte poussée à la base contre la politique austéritaire de Temer et de sa contre-réforme du marché du travail, ce sont bien les bases qui ont imposé, dans les faits, cette grève générale à laquelle ont appelé la CUT, CTB et Conlutas.

Ce n’est pas seulement le transport public, routier, ferroviaire et maritime, qui a été paralysé dans les mégapoles brésiliennes. Le tissu industriel a également été sérieusement touché par le mouvement. L’ABC, le cordon industriel de Sao Paulo, a été complètement paralysé. Selon le quotidien O Globo, qu’on ne saurait soupçonner de sympathie à l’égard des grévistes, le mouvement a touché 85% des salariés des grosses usines automobile de Sao Bernardo, Scania, Wolkswagen, Ford et Mercedes. Dans les gros centres industriels du pays, les taux d’adhésion ont été très élevés, de Belo Horizonte jusqu’à Manaus, au cœur de l’Amazonie.

La police n’ets pas restée l’arme au pied puisque des affrontements parfois violentes ont opposés les ouvriers en grève qui avaient choisi de bloquer certains axes de circulations et différents corps de répression. Sur le pont reliant Niteroi à Rio, la police a chargé sans réussir à faire reculer les grévistes.

La centrale syndicale pro-gouvernement, Força Sindical, tente d’amender, à la marge, la réforme voulue par Temer alors qu’à sa base, la tension monte. Ni la CUT et la CTB, toutes deux liées au PT, ne souhaitent aller au-delà de cette grève générale, si ce n’est pour conforter Lula en vue des prochaines élections, et ce alors que la grève du 28 a représenté un coup de semonce pour le patronat. Mais la force du mouvement a montré combien le monde du travail, au Brésil, avait renoué avec sa capacité d’initiative.

Une raison de plus, pour le Mouvement Révolutionnaire des Travailleurs d’intervenir et de mener campagne pour dépasser les différentes stratégies de contention voulues par les directions des centrales syndicales, et, sur la base de l’auto-organisation, être en mesure de battre en brèche Temer, ses contre-réforme et imposer une Assemblée Constituante sur la base des ruines du système politique brésilien, à même de permettre à la jeunesse, aux classes populaires et au salariat de discuter des problèmes centraux que connaît le pays et d’exiger que la crise capitalistes soit payée par ceux qui en sont à l’origine, le patronat et ses complices.




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