Monde

Manifestation pour le "boycott" des JO

Brésil. Plusieurs milliers de manifestants dans les rues de Rio

Publié le 7 juillet 2016

Ce mercredi 6 juillet, une manifestation appelant au boycott des Jeux Olympiques, qui se tiendront au Brésil au mois d’août, a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Rio de Janeiro. Avec en tête professeurs et étudiants, les manifestants réclament plus d’investissement dans les services publics.

Frédéric Apoyo

En moins de deux ans, le Brésil aura connu deux grandes compétitions sportives organisées sur son sol. La coupe du monde en 2014 et les Jeux Olympiques au mois d’août prochain. Tout comme en 2013, l’approche de la compétition a réveillé la colère de plusieurs milliers de personnes à Rio de Janeiro, derrière les étudiants et les professeurs, en lutte depuis plus de 3 mois pour que le gouvernement paye des arriérés de salaires. Autant dire que les dépenses engendrées par l’organisation des JO passent mal, alors que le gouvernement régional se dit au bord de la faillite. « Ce gouvernement dit qu’il n’a pas d’argent pour la santé, pour l’éducation, mais il a l’argent pour les JO. C’est absurde ! C’est pour ça que nous, les fonctionnaires, nous sommes dans la rue, pour nous battre pour nos droits », a déclaré Edson Cunha, un professeur de 41 ans. En effet, les professeurs n’ont pas défilés seul, et le cortège était composé d’étudiants, travailleurs ou bien encore de militants ; tous réclamaient, outre les paiements des dits arriérés, plus d’investissement pour les services publics.

Il faut dire que les conditions de vie au Brésil, en pleine crise politique, sociale et économique, se sont détériorées ces dernières années. Que ce soit au niveau des transports publics, de l’apprivoisement en eau potable ou bien encore en matière d’accès au soin, le manque d’investissement se fait cruellement ressentir. Et il va sans dire que pour les masses les plus paupérisées, celles des favellas par exemple, pour lesquels la situation était déjà catastrophique, les effets de la dégradation des services publics ne signifient qu’une misère plus qu’extrême.

Alors qu’en 2013, des manifestations avaient précédé la coupe du monde, le mouvement social joue la carte du bis repetita. Cela étant, la crise politique ouverte avec le putsch de la droite sur le gouvernement Dilma et la situation sociale catastrophique ne rendent la situation que plus explosive. Et c’est bien pour cela que les autorités ont fortement réprimé la manifestation du 6 juillet, avec plusieurs interpellations à la clé. À l’image des vidéos de soutiens venues du Brésil envers les travailleurs français en lutte contre la loi travail, il s’agit aujourd’hui d’afficher une solidarité internationaliste envers les travailleurs et la jeunesse brésilienne. Car ici comme là bas, les combats de notre camp social sont on ne peut plus légitimes.