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Le Brexit fera-t-il éclater le Royaume-Uni ?

Brexit. L’Ecosse en marche vers l’indépendance ?

Alors que Theresa May s’apprêtait à déclencher l’article 50 du traité sur l’Union européenne, Nicola Sturgeon a annoncé son intention d’organiser un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Le Brexit éveille ainsi l’une de ses conséquences les plus redoutées : le spectre de l’éclatement du Royaume-Uni.

Le bras-de-fer entre Édimbourg et Londres autour de la sortie de l’Union européenne se poursuit. La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a annoncé lundi 13 mars qu’elle organisera un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse d’ici automne 2018.

62 % des Ecossais ont voté contre le Brexit en juin 2016. Les partis indépendantistes estiment que la sortie de l’UE se fait contre la volonté de l’Ecosse et le gouvernement régional, aux mains du Parti national écossais (PNE), ne compte pas suivre aveuglement Westminster vers la porte de sortie de l’Europe.

En 2014, les électeurs écossais avaient déjà voté à 45 % en faveur de l’indépendance. Selon de nouveaux sondages, ils seraient désormais environ 49 % à soutenir la sortie du Royaume-Uni. Si le référendum sur l’indépendance venait à être plutôt un référendum sur le fait de rester dans l’UE, certains croient que ce pourcentage pourrait considérablement augmenter.

«  Si j’écartais l’idée d’un référendum, je serais en train de décider, de manière complètement unilatérale, que l’Ecosse suivrait le Royaume-Uni vers un Brexit pur et dur, quelles que soient les conséquences pour notre économie et notre société. Une telle décision n’appartient pas à un homme politique seul, même pas au Premier ministre », a déclaré Sturgeon. « Le peuple écossais le décidera. Ce sera le choix de l’Ecosse. »

L’annonce de la Première ministre écossaise a provoqué un appel similaire de la part de Sinn Fein en Irlande du Nord. Le nouveau leader du parti républicain nord-irlandais a affirmé son souhait de voir l’Irlande du Nord organiser un référendum sur son indépendance le plus tôt possible. Comme en Ecosse, la majorité (56%) des électeurs irlandais a voté pour rester dans l’UE.

Ainsi, Theresa May et la caste politicienne anglaise se retrouve face à un spectre qu’elles redoutaient, mais croyaient improbable : celui de l’éclatement du Royaume-Uni. La Première ministre britannique a critiqué la décision du gouvernement écossais, accusant la leader du PNE d’étroitesse d’esprit. Elle a laissé entendre qu’elle n’accepterait pas le calendrier proposé par son homologue écossais. En effet, avant de déclencher le processus référendaire, l’Ecosse doit obtenir l’autorisation de son Parlement comme celle de Westminster. Afin d’éviter l’approfondissement des tensions autour du Brexit, May accepterait le principe du vote, mais seulement après la conclusion de la sortie du pays de l’UE.

Dans un contexte de montée des populismes en Europe et après la victoire de Trump, force est de constater que le Brexit n’a pas encore produit tous ses effets. Au moment où se discute l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses entre les pays européens centraux, le spectre de l’indépendance de l’Ecosse est un des symptômes de l’instabilité et des tendances centrifuges qui caractérisent la situation européenne.




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