^

Politique

« Le parti d’Épinay est mort »

Cambadélis, Valls et Le Foll signent la fin du Parti Socialiste

Après une campagne difficile pour Benoit Hamon qui s’est confirmée par un score historique et très bas (autour de 6%) pour le Parti Socialiste et les nombreux départs du côté du candidat d’En Marche, les ténors du parti n’ont pas d’autres choix que d’acter officiellement sa mort…

Benoit Hamon est-il le dernier candidat du Parti Socialiste ? C’est ce qui semble le plus probable. Après son score catastrophique et les départs successifs et en nombre de ténors du parti en faveur de la candidature d’Emmanuel Macron et ce avant même le premier tour, le parti d’Epinay est "bel et bien mort"… et c’est le secrétaire général du PS, Jean Christophe Cambadélis, qui le dit !

Il aura fallu à peine plus d’une semaine après les résultats du premier tour pour que les plus grosses figures du parti prennent publiquement position pour la refonte totale du PS, cet appareil politique définitivement mort. « Je pense que c’est la fin d’un parti tel qu’il a vécu jusqu’ici. Il va falloir se réinventer. Il faudra y réfléchir après les législatives », explique Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement. Cambadélis ajoute « il est clair qu’il faudra une reconstruction voire une refondation du Parti socialiste. Le parti d’Épinay est mort et bien mort ». D’ici là, il promet qu’aux élections législatives "on ne reconnaîtra (déjà) plus le PS" car "il y aura des nouveaux candidats partout". "Nous n’allons pas attendre un congrès de refondation dans un an ou je ne sais quand" pour engager le renouvellement.

Évidemment, les propos tenus n’étonnent personne, tant la mort du PS était devenue manifeste aux yeux de tous. Les ténors du parti insistent néanmoins sur le "renouvellement" du parti d’Epinay… preuve, s’il le faut, que la gauche libérale n’a pas dit son dernier mot. Finalement, celui qui apparaît le plus tranché (et le plus satisfait) c’est Manuel Valls, grand perdant de la primaire du PS en janvier. Pour lui, c’est enfin le moment pour les deux gauches irréconciliables de faire route séparée. "Nous avons une alliance avec les écologistes qui eux espèrent une alliance avec Mélenchon. Il y a des socialistes, qui au sein du Parti socialiste, espèrent aussi cette alliance. Qu’avons-nous à faire ensemble ? Plus rien !"

Plusieurs options semblent ouvertes pour la refonte du PS. Celle d’un rassemblement avec les écolos ne semble pas déplaire à Cambadélis : “tout ce qui permet de construire la social-écologie me semble positif”. Une alliance avait déjà était possible grâce à l’accord entre Benoît Hamon et Yannick Jadot, mais encore faut-il savoir quelle ligne prendra ce "nouveau” PS. Pour Valls, qui avait rallié la candidature d’Emmanuel Macron avait le premier tour, l’hypothèse la plus probable est celle d’un rapprochement plus organique avec le candidat d’En Marche, et ce dès les législatives. Celui-ci s’est dit à nouveau prêt, ce matin au journal d’Europe 1, à travailler avec Emmanuel Macron et à faire partie d’une majorité parlementaire avec lui.




Mots-clés

Benoit Hamon   /    Manuel Valls   /    PS   /    Politique