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Politique

« On se bat ensemble, et c’est ensemble que nous gagnerons »

Chaude ambiance au dernier meeting de Philippe Poutou

Un parler franc et direct, sous le signe de la combativité et des luttes que nous allons devoir mener. C’est ce qui a marqué les interventions, à la tribune, du dernier meeting de campagne du NPA.

Crédits Photos : Philippe Poutou à Aubervilliers le 19 avril (photo : Vincent Gerbet)

Radicalement antiracistes, anti-FN, féministes, anticolonialistes, internationalistes, en défense d’un programme anticapitaliste, révolutionnaire, pour notre camp social, à savoir le monde du travail, l’ensemble des exploitée-e-s et des opprimé-e-s : voilà ce qui a caractérisé les prises de parole des différents intervenants qui se sont succédé à la tribune de la salle des docks-pullman d’Aubervilliers, mercredi soir, devant 1500 personnes enthousiastes, avant de clôturer par un concert des Motivés.

Sans ambiguïté ni concession, c’est sous le signe du drapeau rouge que se sont succédés les camarades qui se sont adressés à la salle. Les élections ne changeront rien à nos vies, a souligné Philippe Poutou, mais elles sont l’occasion de réaffirmer, collectivement, que nous ne nous laisserons pas faire, ni par la droite dure, ni par Macron, ni par les berceurs d’illusions qui diraient qu’il suffirait de « voter utile ».

Contre cette République raciste

Le vote, dans un sens, « a déjà eu lieu », a lancé Omar Slaouti, en ouvrant la soirée. La campagne raciste, stigmatisant les musulmans, orchestrée au plus haut sommet de l’Etat, avec son corollaire de coups de matraques contre la jeunesse et de meurtres policiers, a planté le décor tout au long de ces dernières années, avec une accélération notoire ces derniers mois.

Rien ne va plus en Guyane

Ce n’est pas ce qui nous a empêché de lutter, ni de continuer à lutter, sans respecter la trêve des confiseurs de la campagne. C’est ce qu’a illustré Mohamed Dini, de Solidaires, pour parler de la lutte actuelle des travailleurs de Ciclocity, filiale de Velib’, qui affrontent tout autant les appétits du possible repreneur que de la Mairie de Paris, gouvernée par la gauche PS-PC-Verts.

C’est bien entendu ce dont ont parlé Sabine Fabien et Alex Aymon, militants du Mouvement pour la Décolonisation et l’Emancipation Sociale, venus de la Guyane, toujours paralysée par la grève et les barrages. La force des travailleurs et de la jeunesse, quand ils se rassemblent et et se mobilisent, c’est aussi celui de tenir la dragée haute aux capitalistes et à l’Etat colonial : « en Guyane, les fusées décolle mais le pays reste au sol. Aujourd’hui, elles ne décollent plus ». « On se bat ensemble, et c’est ensemble que nous gagnerons », a conclu Aymon, en créole, devant une salle, debout, pour rendre hommage à la lutte de la population guyanaise.

Aux côtés des femmes, contre l’extrême droite

Féminisme, droits des femmes et de la diversité sexuelle, c’est ce dont est venue parlée Laura Fontanella, militante de Comunia, en Italie. Des droits menacés et remis en cause, ici même, par la droite et l’extrême droite. Face au FN et à son discours pseudo-social, le pire ennemi de notre camp social, Armelle Pertus, porte-parole du NPA, a insisté sur la responsabilité de quarante années de politiques libérales, contre le monde du travail, des gouvernements de droite comme « de gauche », et sur la force de la rue et des luttes.

Solidarité internationale

Ces luttes sont autant d’ici que d’ailleurs. En être solidaires fait partie de notre identité, de notre pratique et de nos combats, à commencer par le soutien au droit des peuples, colonisés par Paris et par sa république une et indivisible, à l’auto-détermination. C’est ce qu’a rappelé Christine Poupin, porte-parole du NPA, en reprenant Che Guevara : de la Guyane au Kurdistan, « surtout soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire ».

Impossibles, les révolutions ?

Elsa Marcel, pour les jeunes du NPA, a relayé la façon dont la campagne anticapitaliste de Philippe, aujourd’hui, porte dans la jeunesse. Dans les comités de soutien, c’est le même enthousiasme et climat de colère qui ont caractérisé les AG contre la Loi Travail que l’on ressent. Face au rouleau compresseur idéologique qui répète à longueur de journée qu’il est impossible de changer quoi que ce soit, les révolutions sont là pour nous le rappeler : il y a tout juste cent ans, la révolution russe, en Tunisie et en Egypte, les premières révolutions du XXI° siècle. Quelques années, quelques mois avant, qui aurait pu les prédire, même si nombreuex-ses étaient celles et ceux qui les espéraient ? « Toute révolution semble impossible jusqu’à ce qu’elle devienne inévitable », disait Trotsky. Ironique, Elsa a suggéré aux nombreux journalistes présents dans la salle de transmettre aux Zemmour et aux Barbier.

La question, pour la jeunesse, mais pas seulement, c’est de pouvoir s’organiser, face à ceux qui « sont bien organisés pour se défendre : ils ont leurs institutions, leurs écoles, leur armée et leur police ». « Et tout, le monde, déteste la police », a répondu la salle. « Une police qui nous déteste également car elle sait ce dont nous sommes capables », a repris Elsa, invitant à se regrouper, non seulement pour se battre, mais également pour gagner. Raison pour laquelle il nous faut une boussole, une stratégie, un parti.

Dimanche, un signal Poutou changer !

C’est sur cette question de l’organisation que Philippe a également insisté, en conclusion, non sans avoir rappelé les lignes de force de sa campagne : oui, la caste politicienne vole ! oui, les Arnault, Bettencourt et autres, ne gagnent pas leur pain à la sueur de leur front ou parce qu’ils seraient plus malins, mais parce qu’ils volent le fruit de notre travail.

Ce parti des exploité-e-s, de la jeunesse et des classes populaires, dont le NPA, à travers Philippe Poutou, a voulu être le porte-parole au travers de cette campagne, c’est aussi une perspective à faire vivre, un drapeau à défendre. Ce n’est ni celui du « peuple » en général, et encore moins celui de « la France », du « protectionnisme », « solidaire » ou pas. Au premier tour, dimanche, il faudra porter radicalement cette voix de la contestation et du combat auquel nous avons à nous préparer. Le seul vote utile, « Poutou changer », a repris le public en chœur, c’est un vote pour l’extrême gauche, ce dimanche, c’est un vote pour le candidat du NPA.

Dans la salle, c’est tout naturellement l’Internationale qui a résonné en clôture, avant que le concert des Motivés viennent prolonger, en musique, à travers les chants de lutte revisités, l’enthousiasme du meeting.




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