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Arrêt complet de l’activité extractive

Chili. Trois semaines de grève dans la plus grosse mine du monde… et ça continue !

Les travailleurs d'Escondida au Chili, la plus grosse mine de cuivre du monde, entament la troisième semaine d’une grève à durée illimitée afin de réclamer une augmentation de salaire, un conflit qui inquiète les marchés. Soledad Dumoulin

La multinationale anglo-australienne BHP Billiton, principale actionnaire de la mine, a annoncé que la suspension de la production pourrait durer plus longtemps qu’en 2006, lorsqu’une grève avait paralysé l’activité de la mine pendant 25 jours.
La grève a été approuvée par la quasi-totalité des quelque 2500 mineurs. A environ 170 kilomètres au sud-est de la ville portuaire d’Antofagasta, dans le désert d’Atacama, 1.200 mineurs ont installé un campement provisoire à l’extérieur de la mine. Avant le déclenchement du mouvement, les grévistes avaient déjà constitué une caisse de grève de 390.000 dollars. Au regard de la détermination montrée par les mineurs ainsi que du pouvoir de frappe que montre cette grève, un certain nombre d’organisations ouvrières se sont solidarisées du mouvement.
Les mineurs, qui travaillent 12 heures par jour durant sept jours consécutifs avant de pouvoir se reposer pendant une semaine, demandent une hausse de 7% des salaires et un bonus de 25 millions de pesos (près de 39.000 dollars) chacun, contre 8 millions proposés par la direction, sans augmentation de salaires. « L’entreprise maintient une position inflexible. Ça va être un conflit dur. Nous sommes disposés à résister le temps qui sera nécessaire » a déclaré le porte-parole du syndicat des travailleurs d’Escondida.
Début 2016, BHP Billiton a licencié une centaine d’employés et réduit les bonus et autres avantages des salariés, sous couvert de chute des cours du cuivre, plombés par l’essoufflement de la demande chinoise.

Un impact mondial sur les marchés

La mine d’Escondida produit 927 000 tonnes de cuivre annuellement, ce qui représente 5 % de l’offre mondiale. C’est pour cela que le sort de ce site de production stratégique inquiète les marchés, qui craignent une hausse des prix. « Selon nous, une grève à Escondida serait préoccupante, non seulement à cause de l’effet qu’elle aurait directement sur la production et l’équilibre du marché, mais également à cause du poids symbolique qu’elle aurait, alors que les négociations [en cours] pourraient concerner 2,5 millions de tonnes, soit 12 % de la production mondiale ». Voilà ce qu’écrivait Dane Davis, un analyste de la banque britannique Barclays, quelques jours avant le commencement de la grève, le 9 février dernier.
La Chine, premier consommateur mondial du métal rouge, pourrait souffrir de pénuries liées à la grève. Les stocks de cuivre des entreprises chinoises ne sauraient suffire.
Au cours des dernières heures, la direction a propagé dans les médias des fausses nouvelles pour discréditer le mouvement. Face à cela, la détermination des mineurs de l’Escondida, à 22 jours de grève, est loin de fléchir. Le conflit, plus que jamais, semble s’installer dans la durée. Pour le suivre au jour le jour, rendez-vous sur les pages chiliennes de La Izquierda Diario




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