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Politique

Les faits remontent à 2015

Déraillement d’Eckwersheim. La SNCF mise en examen pour « blessures et homicides involontaires »

Le lendemain des attentats de novembre 2015 avait lieu le premier déraillement de TGV de l’histoire sur la ligne Strasbourg Paris, causant 11 morts et 42 blessés. Ce jeudi, le jugement est tombé, la SNCF est mise en examen pour « blessures et homicides involontaires ».

Crédit photo : Frederick Florin / AFP

Dans cette affaire, la SNCF n’est la seule à être incriminée. Systra, la société d’ingénierie ferroviaire chargée des essais, a elle aussi été mise en examen pour les mêmes chefs d’inculpation.
Pour rappeler les faits, le 14 novembre 2015 à Eckwersheim, une rame d’essai de la SNCF a déraillé lors des essais en survitesse, ce qui est la procédure normale pour valider une ligne et ainsi l’ouvrir à l’exploitation. Dans une vidéo datant du 11 novembre et diffusée par Envoyé Spécial nous pouvons voir qu’ils se sont fait une belle frayeur en abordant la courbe. Les vitesses étaient difficiles à atteindre vu les distances. Malheureusement pour eux le 14 novembre ils n’auront pas la même chance.

Ce qui peut expliquer cette tragédie est sans doute le nombre de personne en cabine, ils étaient 7 personnes. Non seulement c’est interdit pour des raisons de sécurité, pour la concentration, mais il y avait également des personnes qui n’avait rien à y faire, sans parler de la présence d’enfant dans la rame – qui ont été légèrement blessés. Sur ces sept personnes se trouvait des agents de Systra qui étaient chargés des essais de cette rame de TGV. L’erreur aurait été un enchaînement de facteurs comme le retard sur le changement de vitesse du train par le conducteur, et le cadre traction qui était occupé à l’interphone avec le chef d’essai, l’empêchant donc de rectifier le tir avant qu’il ne soit trop tard.

Maintenant, on assiste à un véritable échange de patate chaude. Qui est responsable de l’accident entre SNCF Mobilités et Systra ? Chacun a son explication. Pour Systra, la conduite et le freinage ne sont pas de leur ressort, le spécialiste des essais ferroviaires appartenant à la filiale ne devait s’occuper que d’indiquer les vitesses à atteindre à des points kilométriques précis.

Ce premier déraillement d’un TGV est significatif de l’augmentation de la concurrence dans le secteur ferroviaire. Nous nous retrouvons devant une dégradation causée par la privatisation à vitesse grand V des services publics. Les exemples ne manquent en Europe, de sociétés ferroviaires totalement privatisées, mettant sous pression leurs employés, et se rendant déjà coupable de plusieurs accidents comme les déraillements de trains à Hatfied et Potters Bar respectivement en 2000 et 2002 qui ont fait 11 morts et 146 blessés. En prenant exemple sur l’Outre-Manche, la SNCF compte bien privatiser les profits et socialiser les pertes et les seuls coûts, exploiter jusqu’au burn-out les employés et abaisser au maximum les salaires.

La privatisation ne se limite pas au secteur ferroviaire mais est bien présente dans tous les secteurs publics de la société. L’État n’investissant plus dans les sociétés publiques qui doivent remplir certaines exigences, être rentable, augmenter les profits, entraînant l’exploitation massive des salariés. Nous l’avons bien vu, les conséquences de ces politiques sont graves, et ces problèmes ne peuvent se résoudre qu’en combattant la SNCF et tout ce qu’il y a derrière. Le gouvernement néolibéral de Macron pousse à bout des millions de salariés chaque année en causant que pertes et fracas sur son passage.




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