Notre classe

Violences patronales

Des caissières convoquées à la gendarmerie… pour un paquet de bonbons !

Publié le 19 février 2016

Neuf caissières du supermarché Casino de Port-Saint-Louis-du-Rhône, dans les Bouches-du-Rhône, ont été convoquées à la gendarmerie cette semaine. La direction les accuse d’avoir volé un paquet de bonbons à un euro. Une histoire stupéfiante qui démontre une fois de plus la violence patronale à l’œuvre dans les entreprises.

Renan Granger

La direction du supermarché a donc déposé plainte pour vol après la soi-disant disparition d’un paquet de MMs. On pourrait croire à une farce, mais ce n’en est pas une : neuf caissières ont bien été convoquées à la gendarmerie. Cette histoire de paquet de bonbons est surtout un prétexte utilisé par la direction pour réprimer les caissières après le mouvement de grève qu’elles ont mené en fin d’année dernière. Comme le note Hervé Efthimiadi, délégué CGT chez Casino, « La disparition d’un paquet de MM’s est un prétexte. Il n’y a eu aucun vol. La direction de Casino veut faire un exemple. Les deux mois de conflit se sont passés dans le calme mais nos responsables ont oppressé les grévistes, ils se sont acharnés à nous mettre des huissiers sur le dos. »

Cette affaire est donc un nouvel exemple évident de criminalisation du droit de grève, au prétexte d’un motif ridicule, et avec la complicité des gendarmes qui ont enregistré la plainte et ont cherché à terroriser les caissières. L’une d’elles a même déclaré : « Cette audition chez les gendarmes, c’est violent, c’est impressionnant, c’est très dur à vivre pour moi et les copines. » Mercredi, une cinquantaine de salariés ont participé à un rassemblement de soutien devant la gendarmerie port-saint-louisienne pour soutenir les caissières incriminées. C’est avec ce genre d’initiatives, avec une mobilisation la plus large possible, que nous pourrons faire cesser les provocations patronales. Relaxe pour les neuf caissières inculpées !