^

Politique

La fachosphère en mouvement

Dieudonné se présente en suppléant face à Valls aux législatives

Après Francis Lalanne, Manuel Valls devra faire face à un autre adversaire inattendu. En effet, Dieudonné se présente à son tour dans la première circonscription de l’Essonne, en suppléant de Nolan Lapie, qui avait giflé… Manuel Valls il y a quelques mois.

Une candidature populiste et aux relents réactionnaires

La fachosphère, et plus particulière la galaxie dieudo-soralienne, s’est mise en mouvement pour tenter un « coup » symbolique fort. Pas une offensive pour peser profondément dans l’élection législative en plaçant un maximum de candidat, mais en ciblant tout particulièrement un adversaire, en l’occurrence Manuel Valls. Ex-Premier ministre contre lequel l’humoriste d’extrême droite s’est érigé en ennemi intime, se créant un illusoire profil « anti raciste » en surfant sur la sortie xénophobe de Manuel Valls alors maire d’Évry, et sa fameuse phrase sur les « blancos ».

Pour ce faire, la symbolique est forte. Dieudonné ne sera que le suppléant de Nolan Lapie, ce Breton qui avait giflé Valls lors d’une visite à Lamballe, dans les Côtes d’Armor. Une candidature qui incarne donc la possibilité d’infliger une nouvelle gifle, électorale cette fois, à Manuel Valls… Avec en arrière-plan toutes les théories nationalistes, profondément xénophobes et réactionnaires du socle idéologique d’Égalité et Réconciliation, cachées derrière l’écran de fumée du parti Réconciliation Nationale. La farce de façade masque toute une stratégie de « coup médiatique » visant avant tout à rapprocher une base électorale – légitimement en colère contre Valls et la politique anti-sociale qu’il a mené à Matignon – des thèses réactionnaires défendues par le tandem Soral/Dieudonné.
C’est avec la même logique, en s’appuyant sur la colère émergeant du racisme et néo-colonialisme de l’État français, que l’humoriste d’extrême-droite avait cherché à faire le buzz en se présentant à l’élection présidentielle camerounaise.

Une situation qui traduit la crise politique que traverse le bipartisme français
Lalanne, Valls et Dieudonné. Pas un candidat d’En Marche, ni un candidat socialiste, puisque Manuel Valls se présente sans étiquette et que le parti de la rue de Solférino a pris la décision de ne pas lui opposer d’adversaire. La configuration du scrutin électoral dans la 1ère circonscription de l’Essonne est aussi improbable que parlante. Le résultat du scrutin pourrait par ailleurs faire des dégâts, et ce même si Manuel Valls emporte la mise, car un score élevé d’un Dieudonné par exemple, sur les terres de Valls qui plus est, serait en soi une grosse épine dans le pied de l’ex-Premier ministre.

De plus, la situation témoigne de l’état réel du bipartisme français car là aussi, l’espace médiatique sur cette circonscription est occupé par ce trio Lalanne/Valls/Dieudonné, occultant le candidat Les Républicains tandis que le PS est totalement absent. En effet, l’ex-Premier ministre, selon ses propres mots, s’inscrit dans une dynamique de rupture avec la formation socialiste, tentant de se frayer une place dans les rangs de la République En Marche, sans que ces derniers ne soient par ailleurs ravis de l’accueillir en leur sein.




Mots-clés

Dieudonné   /    Législatives 2017   /    Manuel Valls   /    Extrême-droite   /    Politique