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Jeunesse

Où est la violence ?

Tir de flashball à Rennes. Un étudiant en géographie grièvement blessé à l’œil

C’est par un tir de flashball à hauteur du visage opéré à une trentaine de mètre que Jean-François, étudiant en troisième année de licence de géographie à l’Université de Rennes 2, a été blessé à l'oeil gauche et risque de le perdre.

Correspondant
Comme lors des précédentes manifestations à Rennes, l’hypercentre ville était totalement bunkérisé sur ordre de la Préfecture d’Ille-et-Vilaine, empêchant les manifestants d’y accéder. Après que le cortège a achevé la manifestation sur la Place Charles-de-Gaulle, peu après midi et demi, un second cortège s’est élancé en direction du centre historique pour dénoncer la militarisation de la ville en cours depuis maintenant plus d’un mois.
Alors que la première partie de la manifestation s’était déroulée dans le calme, en dépit d’une très forte présence policière, les CRS ont choisi de repousser immédiatement les étudiants, lycéens et salariés qui se dirigeaient vers l’Hôtel de Ville. C’est au niveau du Quai Lamartine-Chateaubriand qu’ils ont essuyé une première charge très violente peu après 13h. Forcé à refluer par une passerelle située sur la Vilaine en direction du Quai Emile Zola, la police ayant pris position sur la rive opposée a tiré à hauteur de visage.
C’est à ce moment que Jean-François a été atteint à la tête. Pris en charge immédiatement par l’équipe médicale des étudiants, cette dernière n’a rien pu faire. Transporté en urgence en direction du CHU de la ville, son pronostic vital n’est pas engagé, mais le camarade risque de perdre son oeil gauche. « Il a 20 ans et il va peut-être finir sa vie borgne. Ça n’arrêtait pas de saigner. Il va peut-être perdre son œil », a déclaré à la presse Hugo Poidevin, membre de l’équipe médicale des manifestants et organisateur du mouvement étudiant.
Les violences de Rennes s’ajoutent à celles subies par les manifestants dans d’autres cortèges aujourd’hui, à commencer par Nantes et Lyon. Elles démontrent que la violence de la réaction des forces de répression a été coordonnée au plus haut niveau, Place Beauvau mais également à Matignon, avec l’accord de l’Elysée. C’est Hollande, Valls et leurs ministres qui auront à payer pour l’ensemble des blessures et des mutilations subies par les camarades manifestants.




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