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Jeunesse

Université d’été du NPA

Elsa, du NPA Jeunes : "La baisse des APL ne concerne pas que les étudiants, mais aussi toutes les personnes en situation de précarité "

Nous reproduisons ci-dessous l’intervention d’Elsa, militante du NPA Jeunes, lors de l’université d’été du NPA qui se tient ces jours-ci à Port Leucate.

Bonsoir, je m’appelle Elsa, je suis étudiante dans une fac à Paris et militante au NPA Jeunes.
Pour commencer, au moment de l’élection de Macron, il y a un truc qu’on a beaucoup entendu, c’est que Macron était le président le plus jeune de l’histoire, qu’il avait 39 ans et qu’il incarnait une forme de renouveau de la politique. Mais en réalité, c’est le contraire quand on voit les premiers mois de son quinquennat, c’est le principal ennemi des jeunes.
Alors que la situation des jeunes est déjà catastrophique aujourd’hui : 25% de chômage, 40% dans les quartiers populaires, des conditions de précarité intenables, mais apparemment, ce n’est pas assez.
Alors que les jeunes n’ont déjà plus droit à un emploi, si ce n’est dans des conditions de précarité intenables, le gouvernement veut remettre en cause l’accès à l’université, c’est-à-dire notre droit d’étudier. A quelques jours de la rentrée, il y a plus de 6.000 bacheliers ou étudiants qui n’ont pas reçu d’affectation à la fac. Et la solution que propose le gouvernement, c’est de généraliser la sélection dès la licence et en finir avec l’accès universel qui existait, du moins sur le papier, jusqu’à maintenant. Nous, au contraire, on milite au NPA pour une fac ouverte à toutes et à tous, et dont l’enseignement et la recherche serait mis au service des intérêts de la majorité de la population, c’est-à-dire les travailleurs et les classes populaires et pas du grand patronat et du capital.
Comme si ça suffisait pas, il faut ajouter bien sur la réduction des APL. Comme si c’était à nous de nous serrer la ceinture et d’arrêter de « pleurer pour cinq euros » pendant que le gouvernement fait des cadeaux aux plus riches avec la baisse de l’impôt sur la fortune. Et Macron, comme chacun sait, a « connu la précarité » en vivant avec 1000 euros par mois pense que c’est tout à fait naturel qu’on travaille plus de 40h par semaine et cherche à nous faire pour une bande de fainéants s qui voudrait juste boire une bière de plus par mois. Mais la réalité de la jeunesse, ce n’est pas ça, il y a 25% des jeunes qui vivent sous le seuil de pauvreté, parfois dans une situation de misère telle que ça amène des tragédies. Je me rappelle il y a un an et demi, il y avait un étudiant mahorais qui avait été retrouvé mort de faim à Lille dans sa chambre universitaire parce que ça faisait des semaines qu’il arrivait plus à s’alimenter normalement.
Et la baisse des APL ne concerne pas que les étudiants, qui sont aussi pour la plupart des travailleurs, mais aussi toutes les personnes en situation de précarité et c’est pour ça que si on s’en saisit ça peut devenir un pont entre la jeunesse et l’ensemble des exploités.
Surtout que ce qu’ils nous préparent, c’est une loi travail puissance 10, un recul social majeur, une casse de nos acquis qui concerne absolument tout le monde. Et personne n’en veut de cette loi-là et ils le savent : c’est bien pour ça qu’ils ne peuvent même pas se permettre de la faire passer par la voie parlementaire normale, alors qu’ils ont une majorité.
C’est pour ça qu’ils se préparent à poursuivre la politique répressive d’Hollande et qu’ils ont d’ores et déjà dépensé 22 millions d’euros dans l’achat de grenade lacrymos.
Et c’est aussi pour ça qu’ils ont besoin d’aller très vite, et même de tout boucler avant le 20 septembre.
Et ce calendrier, il n’est pas anodin parce que fin septembre c’est la rentrée de la plupart des universités et ce qui leur fait peur c’est que nous la jeunesse, on se retrouve aux côtés des travailleurs pour frapper sur le même clou au même moment.
Cette unité-là, ils l’ont aperçue au printemps 2016 quand on a bloqué nos facs et nos lycées dès le 9 mars et qu’on a tenu, malgré les gaz et la matraque, pendant des mois. Ca, on a été des milliers à le vivre et c’est comme si toute une génération militante était née qui est encore debout aujourd’hui. C’est cette même génération qui a manifesté cette année, en soutien à la famille Traoré, à Théo, qui a en grande partie choisi des candidats à la gauche du PS, rempli les salles de meeting de Philippe Poutou et défilé dans l’entre-deux tours en criant ni Le Pen ni Macron ni patrie ni patron. Et c’est cette génération qu’on doit préparer à l’affrontement de la rentrée.
Une date existe déjà : le 12 septembre. Et nous, les jeunes du NPA, on ne compte pas se résigner parce que les facs sont fermées. On va faire tout ce qui est dans notre pouvoir, sur les lycées, au moment des chaines d’inscription à la fac, pour que la jeunesse soit au rendez-vous.
Et c’est pour ça qu’on appelle l’ensemble des organisations de jeunesse qu’elles soient politiques, syndicales ou associatives qui s’opposent à la réforme du code du travail mais aussi aux attaques de Macron contre la jeunesse à se retrouver autour d’une table pour fixer un plan de bataille commun. L’année dernière, c’est une réunion comme ça qui a permis d’appeler au 9 mars et elle avait été centrale pour mettre tout le monde en ordre de bataille.
Pour finir, je pense qu’on devrait se rappeler, qu’il y a quelques années, en Espagne, toute une génération s’est mise en mouvement pour donner ce qu’on a connu en France comme le mouvement des indignés. Cette génération, c’était celle du « ni-ni » : ni étudiant, ni travailleur, ou pour le dire autrement, une génération à qui on avait volé le droit d’avoir un avenir. Macron, c’est en ça qu’il veut nous transformer, mais on ne se laissera pas faire parce qu’à force de tout nous enlever, on risque de devenir la génération qui n’a plus rien à perdre dans ce monde et la plus déterminée à le renverser pour construire une société débarrassée de l’exploitation et de l’oppression.




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