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État d’Israël : à 70 ans de sa création artificielle

Le 14 mai a marqué un nouvel anniversaire de la création artificielle de l'État israélien. Avec l’accord des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, en 1948 David Ben Gourion, a unilatéralement déclaré sa constitution. Pour les Palestiniens, le jour suivant a commencé la Nakba (catastrophe).

Source : La Isquierda Diario

Après sept décennies d’un lent génocide, les Palestiniens continuent d’être humiliés par l’État d’Israël. Actuellement, à Gaza, il tue des manifestants qui participent de la « Grande Marche de retour » qui a eu lieu tous les vendredis et qui a culminé avec une mobilisation massive des Palestiniens le 15 de ce mois, précisément pour commémorer la Nakba.

Pendant ce temps, l’activiste Ahed Tamimi de seulement 16 ans, qui est devenue un symbole de la résistance palestinienne est maintenue emprisonnée. Il y a quelques jours, Israël a également emprisonné son frère, dans un nouvel acte de provocation.
Mais dans cette entreprise, Israël n’est pas seul, il a le soutien de son principal allié, les États-Unis. La dernière grande collaboration de Trump fut d’annoncer le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem.

L’Etat "théocratique" d’Israël, partenaire mineur de la principale puissance hégémonique - bien qu’en crise - a célébré la décision du président nord-américain, il y a quelques jours, du retrait des États-Unis du pacte nucléaire avec l’Iran. Pour faire ce pas, il s’appuyait, bien sûr, sur les rapports des services de renseignement israéliens - le Mossad – disant qu’ils auraient obtenu des archives secrètes du plan atomique iranien.

Quelques jours après cette annonce, nous avons vu le bombardement d’Israël aux bases du pays perse en Syrie.

C’est le cadre interne et externe de la politique israélienne, approuvé par les États-Unis, lors du 70ème anniversaire de sa création. Durant ces jours nous verrons le cynisme et le mensonge historique, transformé en "fête de l’indépendance d’Israël". Voyons voir pourquoi.

Les origines

La création de l’État d’Israël, a été constituée artificiellement parce que c’était une minorité juive qui habitait ces terres, même durant l’occupation britannique, qui dominait le territoire avant le début de la 1ère guerre mondiale, et que tout au long de ces années, il « implantait » une population d’origine juive.

L’Angleterre, en tant que puissance occupante, fut "chargée" par la Société des Nations (une institution impérialiste et prédécesseure des Nations Unies, l’ONU), qui lui conféra un statut de "protectorat", lui accordant son administration "légale" en 1922. A cette époque, à la fin de la Première Guerre mondiale, la répartition des colonies et les « sphères d’influence » des marchés, et dans le contexte de répartition du butin, l’Angleterre se retrouva avec le territoire qu’elle avait dominé depuis 1915, la Palestine.

Domaine britannique de la Palestine

Mais ce fut en 1917, pour neutraliser les mouvements nationalistes arabes qui avaient émergé contre l’oppression de l’Empire ottoman, que l’Angleterre donna une impulsion à la déclaration de Lord Balfour (ministre britannique des Affaires étrangères) en se déclarant favorable à la "création d’un foyer national" Juif "dans le" mandat britannique sur la Palestine ». Cette déclaration a été adressée à Lionel Rothschild, un membre sioniste de la puissante bourgeoisie financière britannique en plein essor, pour la faire connaître à la Fédération sioniste.

Lord Balfour

Cela a eu comme conséquence immédiate l’entrée en Palestine de milliers de colons juifs. Les sionistes achetaient des terres aux paysans palestiniens pour quelques pièces de monnaie et s’ils s’y s’opposaient, ils n’hésitaient pas à faire recours à la violence.

Les dirigeants arabes cèdent la Palestine

Mais cette politique qui consistait à occuper des terres qui ne leur appartenait pas à l’origine constituait le grand accord entre le sionisme et les puissances impérialistes, en l’occurrence l’Angleterre, mais qui comptait aussi sur la complicité des membres des familles "royales" arabes, comme c’était le cas de Faisal Husain, membre de la famille des Hachémites.

Husain était le leader nationaliste de la rébellion arabe (1916/1920) contre l’Empire ottoman et dont le projet était de créer un État arabe, sur la base d’une monarchie constitutionnelle dans les territoires dénommés à l’époque comme la Syrie, qui comprenait l’actuelle Syrie, le Liban, la Jordanie, l’État d’Israël et les territoires occupés. Alors que ce projet se heurtait aux aspirations des puissances impérialistes pour la distribution des marchés, Faisal fut confronté à la France, qui par cette division impérialiste avait reçu la Syrie du Nord (Liban et Syrie). Il fut expulsé de Syrie par les Français qui déchaînèrent un bain de sang dans la région et le firent se tourner vers des accords avec l’Angleterre et avec le sionisme puisqu’il était le visage visible de la monarchie arabe qui revendiquait aussi pour elle-même les terres de la Palestine.

Une mosquée détruite à Gaza en 1917

En 1919, Faisal signe un accord avec le sionisme représenté par son dirigeant Chaïm Weizmann (qui deviendra plus tard le premier président de l’État d’Israël), où il reconnaît son droit à l’immigration massive vers les terres palestiniennes, simplement en échange de l’égalité religieuse et du contrôle musulman sur les lieux saints de l’Islam et où il favorise la constitution d’un État arabe qui a exclu la Palestine. Quelques mois après la signature de l’accord, le sionisme a profité de la conférence de Paris (la réunion où les alliés ont discuté des conditions à imposer aux pays vaincus de la Première Guerre mondiale) pour revendiquer une Palestine entièrement juive.

Chaim Weizmann avec le président américain Harry Truman

La situation des juifs en Europe qui donne naissance au sionisme

Cette politique d’"appropriation" de territoire a continué. Déjà, dans la première moitié de la décennie des années 30, l’Angleterre émet un décret qui ordonne de céder des terres à tout ceux qui possèdent une tour et une palissade, de sorte, qu’en quelques mois, les sionistes montent des tours et palissades qui les rend « propriétaires » de vastes étendues. En même temps, les soi-disant sionistes « de gauche » s’établissent dans des colonies « socialistes » (dénommés kibboutzim), qui étaient en fait des camps militaires qui interféraient avec les communications entre les villages palestiniens.

C’est-à-dire : les puissances impérialistes, à l’époque avec l’Angleterre à la tête et le sionisme, utilisaient un peuple persécuté comme le Juif, qui déjà à la fin du 19ème siècle a été forcé de fuir des pogroms qui ont fait des victimes par milliers. En Europe centrale et orientale, le développement bourgeois était moins développé, contrairement à l’Europe occidentale dont les révolutions bourgeoises en Angleterre, en France et aux Pays-Bas ont permis l’intégration et l’assimilation progressive des Juifs.

Ce retard de la bourgeoisie de l’Europe de l’Est en tant que force sociale a poussé les Juifs à la prolétarisation, à la misère et les a confinés à vivre dans des ghettos. Ils étaient pratiquement devenus le dernier échelon de leur société et cela servait à la bourgeoisie à les ériger en boucs émissaires de souffrance des masses. Les pogroms avaient pour marque de naissance cette politique perfide et meurtrière de la bourgeoisie. Et le sionisme, qui à cette époque commençait aussi à se développer (1897) en tant que mouvement politique d’un petit secteur de la bourgeoisie juive, pour mener à bien son projet d’État juif, n’avait aucun scrupule à se rencontrer et à conclure des accords avec l’autocratie Tsariste, qui a poursuivi ces pogroms et ces campagnes antisémites.

Les réfugiés juifs arrivent en Palestine

Le tsarisme voulait que les dirigeants sionistes persuadent de nombreux juifs d’abandonner leur militantisme dans les partis ouvriers. Rappelons nous que des milliers et des milliers de Juifs se trouvaient alors dans de terribles conditions de vie qui ont donné naissance au militantisme révolutionnaire, se détachant des chefs marxistes comme Léon Trotsky, Rosa Luxemburg, Riazanov, Lev Kamenev et bien d’autres.

Puis, quelques décennies après, le nazisme et l’extermination de 6 millions de Juifs dans les camps de concentration eurent lieu pendant la Seconde Guerre mondiale. Cela fut utilisé par les puissances victorieuses comme l’Angleterre et surtout les États-Unis, qui a émergé de la guerre comme une puissance hégémonique, pour jeter les bases d’une politique réactionnaire incarnée dans la création de l’État d’Israël. Et nous parlons des mêmes pouvoirs qui ont fermé leurs frontières aux milliers de Juifs fuyant le nazisme.

Ben Gourion déclare la fondation de l’Etat d’Israël

1948 : l’année de la NAKBA

Le sionisme et l’impérialisme anglais ont finalement dû vaincre par le sang la rébellion arabe palestinienne qui a eu lieu entre 1936 et 1939, pour finalement pouvoir proclamer leur état raciste 9 ans plus tard. Un État qui a toujours fonctionné de manière absolument conforme aux intérêts de l’impérialisme, afin de soumettre les peuples arabes opprimés du Moyen-Orient et qui, aujourd’hui encore, avec les changements géopolitiques de ces dernières années, continue d’atteindre le même objectif stratégique.

Un an auparavant, en 1947, les Nations Unies avaient établi la partition de la Palestine et cédé 52% de son territoire aux sionistes. Les milices sionistes sont intervenues en produisant un massacre. Cette fois, 500 villages ont été rayés de la carte et plus d’un million de personnes ont été contraintes à l’exil. L’exil qui, au fil des années, équivaudrait à plus de 7 millions de réfugiés qui n’ont pas le droit minimum de retourner sur leurs terres.

Il est bien connu que les femmes palestiniennes portent avec elles une clé qu’elles transmettent de génération en génération qui est la clé des portes de leurs maisons d’où elles ont été expulsées avec leurs familles en 1948.

Camps des exilés palestiniens

C’est la base de la fondation de l’État juif, qui avait l’approbation de Staline en accord avec l’impérialisme américain (les États-Unis votent chaque année dans son budget national, le pourcentage qui sera alloué à Israël).

Cet État d’Israël qui, il n’y a pas longtemps, avait dans sa législation un article qui permettait de torturer les prisonniers, afin d’« œuvrer pour la sécurité nationale ».

Chars israéliens en Palestine

La grande majorité des anciens habitants de la terre où cet État est basé aujourd’hui, a reçu l’ordre de vivre dans des prisons à ciel ouvert comme Gaza aujourd’hui. Les Palestiniens ont aussi la Cisjordanie. Ils ont établi une politique très semblable aux bantoustans de l’apartheid en Afrique du Sud. Les deux territoires couvrent un peu plus de 6 100 km², où vivent environ 2 millions 800 mille palestiniens. Mais ce sont des territoires séparés les uns des autres par une des armées les plus puissantes de la terre, l’armée israélienne. Cette répartition géographique et cette séparation rendent utopique la politique d’instauration d’un État palestinien aux côtés de l’État d’Israël. Quel type d’État peut être construit sans lien entre ses territoires et sans contrôle des ressources naturelles ?

Pour nous donner une idée : la région d’Aquitaine est 6 fois plus grande que le territoire de Gaza et la Cisjordanie ensemble et, actuellement en Aquitaine, vivent 3 million 500 mille habitants tandis qu’à Gaza et en Cisjordanie vivent 4 millions 550 mil personnes.

Comment réaliser un véritable État qui abrite les Arabes et les Juifs

Au-delà des considérations sur l’Église catholique, qui d’ailleurs n’a pas élevé sa voix pour défendre les Juifs persécutés par les pogroms, ni quand ils ont été victimes du nazisme, mais discute depuis des années avec l’État hébreu pour leurs congrégations catholiques, cela parle d’un état théocratique qui marginalise ceux qui ne professent pas la religion juive.

Un État qui « accule » de plus en plus ses citoyens laïcs, parce que chaque semaine, par exemple, des résolutions émanent de ministères tels que l’Éducation ordonnant aux crèches et aux écoles primaires d’abandonner l’enseignement de l’arabe et de parler uniquement l’hébreu ou que les pièces de théâtre ont l’obligation d’être jouées dans les territoires occupés, ceci malgré le refus de nombreux artistes israéliens qui ne sont pas d’accord avec l’occupation.

C’est pourquoi une véritable paix et un véritable État où les Arabes et les Juifs puissent vivre ensemble en toute égalité ne sera pas possible tant qu’il y aura un État sioniste, qui est actuellement la principale puissance militaire et nucléaire de la région.

Un État qui abrite les travailleurs, soit musulmans, soit juifs, soit chrétiens ou n’importe quelle religion, et qui ne pourra se réaliser que par le biais d’une Palestine ouvrière et socialiste sur tout son territoire historique, défendant la nécessité d’une Fédération des Républiques Ouvrières du Moyen-Orient. Tâche qui devrait être entreprise par la classe ouvrière et les paysans de toute la région.

Sources :

• La gran revuelta árabe (1936-1939) : Estructuras, identidades y lógicas de conflicto al interior del territorio palestino. Ariel Hernán Farias. Universidad de Buenos Aires. Nómadas. Revista crítica de Ciencias Sociales y jurídicas. 2010.
La fundación del Estado de Israel. 60 años de ocupación y genocidio. Miguel Raider. La Verdad Obrera, 15 de mayo 2008.
• Revista de América N°12. Diciembre de 1973.
• lanación.com.ar 13 de mayo 2015.




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