Monde

Hausse des inégalités ?

Etats-Unis. 25% d’augmentation du coût des assurances maladie

Publié le 26 octobre 2016

Lili B.

A l’approche des élections présidentielles et législatives américaines, une nouvelle mesure attaquant le droit à la santé a été prise : à partir de 2017, le prix mensuel des assurances maladies tendra à grimper de 25%. Alors qu’actuellement 24 millions d’américains ne sont pas couverts par ces assurances maladies, faute de moyens, cette nouvelle hausse risque d’accroitre les inégalités d’accès à la santé dans le contexte états-uniens, où l’accès à la santé relève bel et bien du privilège et non du droit.

Cette nouvelle mesure, qui s’inscrit dans une logique de privatisation et de libéralisation du système de santé, constituant un véritable marché, est une attaque forte à l’encontre de la population américaine et de sa frange la plus précarisée, qui verra son accès à la santé de plus en plus compromis. Il faudra probablement peu de temps pour que les effets néfastes de cette hausse de prix des assurances maladies se manifestent : désengagement des employeurs vis-à-vis de l’assurance santé et de ce fait augmentation du nombre de travailleurs non assurés, précarisation et endettement de plus en plus important - à l’heure où les dettes médicales sont l’une des premières sources de faillite personnelle aux États-Unis.

Afin de faire passer cette nouvelle hausse auprès de la population, les démocrates promettent des subventions publiques aux personnes dans le besoin. Il est cependant évident que ces subventions ne permettront pas de pallier les effets désastreux du système de santé américain, qui prend chaque jour un peu plus le chemin de la libéralisation et de la privatisation, au détriment des couches sociales les plus précaires. En effet, dans un système quasiment privatisé, les prises en charge plus que partielles de l’État ne suffisent pas pour contrer les inégalités d’accès à la santé, étant donné que ces aides sont accordées seulement aux personnes handicapées ou de plus de 65 ans (le Medicare), et aux familles aux « faibles ressources » (le Medicaid), laissant de côté bon nombre de personnes. Parmi elles, les chômeurs, les ménages et travailleurs qui ne sont « pas assez pauvres » et dont l’assurance maladie n’est pas prise en charge par les employeurs, les étudiants... De ce fait malgré l’existence de ces programmes sociaux et les promesses de futures subventions publiques, l’assurance maladie n’est pas un droit à la citoyenneté mais reste un véritable privilège.

Si l’on se fie aux programmes des candidats à la présidentielle en matière de santé, il est difficile de croire en une amélioration de la situation. Trump promet plus de « compétition » et de « privatisation », en promettant aux américains d’abroger « l’Obamacare » pour le remplacer par un « système axé sur la concurrence ».
Hillary Clinton quant à elle, admet que la réforme « Obamacare », qui est un échec et qui n’a pas permis d’abolir les inégalités en terme d’accès à la santé, n’était « pas sans faille ». Il faut selon elle, sauver ce qui fonctionne et régler ce qui ne marche pas. Mais cette dernière ne compte absolument pas toucher à la base du système libéral de santé américain, qui engendre inégalités, précarité et endettement : "La dernière chose dont nous ayons besoin est de nous relancer dans un débat belliqueux sur le système de santé. Nous ne sommes pas l’Angleterre. Nous ne somme pas la France".
Or il est primordial de s’attaquer à la nature même du système. En revendiquant que l’accès à la santé n’est pas un privilège mais bel et bien un droit pour tous, qui doit être nationalisé et être pris en charge par l’État, pour que les individus n’aient plus à prendre en charge les coûts en matière de santé, dans une société où les dépenses de soins ne cessent de croître.