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Jeunesse

Élections aux conseils centraux de l'université

Étudiants de Paris 1, pourquoi voter Le Poing Levé le 24 et 25 octobre ?

Les 24 et 25 octobre se tiennent à Paris 1 les élections pour les conseils centraux. Des étudiants de l'université Paris 1, pour certains, militants de Révolution Permanente et du NPA jeunes, ont lancé une liste anticapitaliste, Le Poing Levé. Voici leur programme.

Qui sommes-nous ?

Nous sommes nés dans la crise, enfants des années 1990, de l’approfondissement des politiques néo-libérales et du retour des grandes mobilisations sociales que certains intellectuels avaient enterrées trop vite. Nous avons connu une crise financière majeure et nous en connaîtrons d’autres. Nous sommes, pour la plupart, condamnés à la précarité qui se généralise sur l’ensemble du « marché du travail ». Nombre d’entre nous ne croient plus aux médias, plus à la politique, plus au travail. Certains ne croient même plus à la lutte. De fait, nous avons grandi face à un mouvement ouvrier encadré et bridé par des directions syndicales qui organisent des défaites en collectionnant les journées sans lendemain ou encore en négociant la régression sociale. Le dernier mouvement étudiant victorieux date de 2006 et rares sont ceux qui parmi nous l’ont vécu.

Nous sommes radicaux parce que nous avons grandi dans une société sans pitié, où l’exploitation et l’oppression s’affichent au grand jour. Les mouvements qui se dressent face à elle ont fait notre éducation politique : grèves combatives, mobilisations féministes, anti-racistes, écologistes ou contre les violences policières. Malgré le scepticisme ambiant, nous sommes persuadés qu’une société débarrassée de ces maux est possible et qu’elle exige rien de moins qu’une révolution. Nous pensons que les étudiants peuvent être une force immense au service d’un tel projet et nous sommes convaincus de la nécessité de s’organiser patiemment pour le mener à terme. Le Poing Levé veut jouer un rôle dans cette perspective.

Quelle mobilisation après Parcoursup ?

Les 24 et 25 octobre les élections des conseils centraux auront lieu sur les différents centres de l’université Paris 1. Quelques mois après le printemps 2018 qui a donné lieu à de grandes mobilisations contre la sélection, cette élection revêt une dimension particulière. Tout au long du processus de mise en place de Parcoursup, la direction et la présidence de Paris 1 se sont en effet illustrées par leur hypocrisie et leur complicité avec le gouvernement, fustigeant la sélection pour mieux l’appliquer, tout en exigeant et en appuyant la répression des étudiants mobilisés. Le passage de Parcoursup a ainsi fait voler en éclat le discours de ceux qui, à l’image de la Fédé Paris 1, prétendaient s’opposer à la sélection dans les conseils et dénonçaient les mobilisations étudiantes. 

La rentrée a permis de constater que Parcoursup jouait bien son rôle, celui de laisser sur le carreau des milliers d’étudiants issus de quartiers et de lycées populaires, tandis qu’à Paris 1, la grève des personnels administratifs a mis en lumière les pratiques scandaleuses de l’université envers ses salariés. Durant les 3 semaines qu’ont duré leur grève exemplaire, les travailleurs du service logistique de Tolbiac ont dénoncé la précarité qui affecte leurs conditions de travail et qui avait conduit au non-renouvellement de deux leurs collègues, avant que la grève permette d’arracher de nouveaux contrats.

Le fait que les universités soient traversées par de telles tensions, grèves, mobilisations, n’est pas le fruit du hasard. Depuis des années, l’université subit des attaques frontales visant à la rendre plus sélective et à la soumettre aux exigences du patronat. Parcoursup et la précarisation des personnels sont ainsi les deux faces d’une même politique, la destruction de l’université comme service public. En parallèle, le gouvernement n’hésite pas à précariser les jeunes en s’attaquant aux APL ou en concoctant des réformes du marché du travail pour faciliter les licenciements et réduire les protections des salariés.

Pourtant, le gouvernement jupitérien de Macron semble dans la tourmente. Celui qui, il y a quelques mois, n’hésitait pas à attaquer en parallèle les étudiants et les cheminots, voit son image entachée durablement par sa politique en faveur des riches et par l’affaire Benalla. Alors que sa cote de popularité s’effondre, les ministres du gouvernement quittent le navire avant qu’il ne coule et la volonté de remaniement ministériel se heurte aux refus de tous ceux qui sont désormais effrayés d’associer leur image à celle d’une présidence moribonde.

Pour les étudiants, cette situation ouvre la possibilité d’une contre-offensive victorieuse pour obtenir la fin de la sélection, plus de moyens pour les facs et pour les étudiants, et pour construire, aux côtés des travailleurs, une université au service de tous dans une autre société. Au Poing Levé, nous sommes convaincus que les étudiants ont un rôle central à jouer dans de tels combats, tant dans l’opposition aux politiques de destruction de l’université que dans l’opposition au capitalisme même, mais aussi aux oppressions qui traversent l’ensemble de la société.

Pourquoi les élections des conseils centraux ?

Liste de lutte, nous croyons que le combat contre le gouvernement et les politiques de destruction de l’université doit se mener à travers des mobilisations auto-organisées et massives. Nous ne croyons pas à la « démocratie universitaire » que l’on cherche à nous vendre et qui a déjà maintes fois montré ses profondes limites. Pour autant, nous pensons que siéger dans les conseils centraux peut être un point d’appui pour nos luttes, pour marquer une opposition dans les conseils, défendre des camarades en conseils disciplinaires ou encore dénoncer les manœuvres de la direction.

En outre, ces élections sont également l’occasion de s’imposer face aux listes qui accompagnent et soutiennent l’université d’élite pro-patronale qu’on nous prépare. Si les listes d’extrême-droite (UNI, la Cocarde, Alliance) allient à leur soutien aux politiques ultra-libérales la défense d’idées racistes ou colonialistes, la Fédé Paris 1 affiche un visage plus souriant, s’opposant formellement à la sélection tout en dénonçant toute mobilisation. Rien de plus normal pour cette structure qui truste les places dans les conseils pour y faire de la représentation tout en continuant d’organiser ses événements élitistes et sexistes à destination des étudiants les plus fortunés. De son côté, l’UNEF a rendu possible par le passé des projets de casse de l’université, notamment en accompagnant la Loi Fioraso ou plus récemment en signant l’accord sur la sélection en Master, aux côtés de la FAGE, en 2016. L’effondrement du PS et ses multiples trahisons, culminant avec la loi Travail en 2016, explique l’affaiblissement de cette organisation dans le mouvement étudiant. 

Dans ce paysage, nous pensons qu’il faut assumer un programme radical pour l’université tout en défendant une perspective politique plus assumée : anticapitaliste, en lutte contre les oppressions, et convaincue de la nécessité du soutien aux luttes des travailleurs.

Nous défendons ainsi  une université ouverte à toutes et à tous et gratuite. A l’opposé des politiques de sélection et d’élitisation des facs, nous défendons le retrait du plan étudiants, l’aménagement des cours pour les étudiants qui travaillent, la suppression des frais d’inscription, et l’augmentation des moyens à hauteur des besoins. 

Parce que la possibilité d’aller à l’université est étroitement liée à cet enjeu, nous nous opposons à la misère étudiante en défendant des logements étudiants pour toutes et tous, une augmentation des bourses en nombre et en montant, ainsi que la rénovation et l’adaptation des locaux aux besoins.

Parce que l’université n’est pas un lieu de savoir neutre, nous proclamons la nécessité de se donner les moyens d’y lutter contre les oppressions  (racisme, sexisme, LGBT-phobie, etc.) qui participent également de formes pernicieuses de sélection. Nous demandons la création d’une commission composée d’étudiant.es, de prof et de personnels pour statuer sur les violences sexuelles et racistes, l’inscription de tous les étudiants sans-papiers et le respect des identités de genre, notamment pour les personnes trans.

Enfin, nous cherchons à construire une université au service de la majorité, qui se soustraie aux intérêts du patronat par l’expulsion de ses représentants des conseils centraux et qui cherche à développer des contenus utiles à la société. Ingénieurs et techniciens au service de l’amélioration des conditions de travail, avocats au service des travailleurs, chercheurs en sciences sociales critiques, l’université que nous désirons ne doit plus être un outil de reproduction et contribution à l’exploitation des travailleurs, mais au contraire une arme au service de leur libération.

Et après les élections ? S’organiser, militer et lutter ! 

Nous ne sommes pas dupes, les élections et la présence dans les conseils centraux ne résoudra en soi aucun des problèmes soulevés. Pour cela, il faudra lutter. Nous le ferons toujours avec une ligne claire : la défense de l’auto-organisation la plus massive possible, pour un mouvement étudiant à large échelle capable de s’opposer au gouvernement et d’être un allié de poids des luttes des travailleurs. Pendant l’année, nous serons présents sur la fac pour mobiliser les étudiants autour du soutien aux mouvements en Île-de-France comme nous l’avons fait pendant la Loi Travail en 2016, avec la campagne Faisons Front lors du meurtre d’Adama Traoré, en soutenant la grève de travailleurs d’ONET en 2017 ou encore celle des cheminots en 2018. Il s’agira aussi de batailler au sein de l’université, pour nos conditions d’étude, de vie, de travail. Contre tous ceux qui veulent nous faire marcher au pas et font croire que transformer la société est impossible, "qu’il n’y a pas d’alternative", nous pensons au contraire fermement que nous pouvons, aux côtés de tous les exploités et les opprimés, nous battre pour un monde meilleur. Voter le Poing levé, c’est défendre cette voix dans l’université.

Page Facebook : Le Poing Levé Paris 1




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