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Politique

Fin de l'immunité ?

FN : Marie-Christine Boutonnet mise en examen pour emploi fictif

Le Front National, parti prétendument anti-système, est depuis plusieurs mois au cœur d'une affaire d'emploi fictif d'assistants parlementaires au Parlement européen. Une pratique que le FN avait tenté d'étouffer derrière l'immunité parlementaire. Pourtant, c'est presque 5 millions d'euros qui auraient été détournés par le parti frontiste. Après les mises en examen de Marine Le Pen et de Louis Alliot, c'est au tour de l'euro-députée Marie-Christine Boutonnet d'être soupçonnée d'emploi fictif.

Image : Archives ENL

Le système mis en place par le Front National s’apparente à une véritable machine à détournement de fond. Près de 5 millions d’euros versés par le Parlement Européen auraient servis à rémunérer quarante assistants parlementaires détachés auprès du parti frontiste, et non auprès des dix-sept parlementaires qu’ils étaient censés épaulés à Strasbourg ou Bruxelles. Le parti qui se présente comme un opposant à l’Union Européenne à la « dictature de Bruxelles » n’a pas hésité à profiter des subventions européennes pour faire fonctionner son appareil et rémunérer ses cadres !

Après les mises en examen successive de Marine Le Pen et de Louis Alliot, l’étau se resserve sur le FN. Ayant utilisé son immunité parlementaire tout au long de la campagne pour éviter les poursuites, Marine Le Pen s’est finalement présentée au pôle financier le 30 juin dernier, alors que Louis Alliot refuse toujours de comparaître. Dernière en date, Marie-Christine Boutonnet a été mise en examen pour soupçon d’emplois fictifs d’assistants et pour abus de confiance ce mardi 20 juin, alors qu’elle avait refusé comme la leader frontiste de se rendre à la convocation des juges en mars dernier.

Entre septembre 2014 et février 2015, Marie-Christine Boutonnet a employé Charles Hourcade en tant qu’assistant parlementaire alors qu’il figure au même moment dans l’organigramme du parti au poste de graphiste. Suite à la saisie de son matériel informatique, il s’avère que Charles Hourcade, également mis en examen depuis le 6 mars pour recel d’abus de confiance, n’a échangé qu’un seul message avec la parlementaire à laquelle il était attaché. Cette très faible communication entre les deux membres du FN fait lourdement planer le soupçon d’un financement de cadre du parti sur des fonds européens détournés.

Cette affaire qui touche près de dix-sept parlementaires frontistes et près de quarante assistants parlementaires laisse entrevoir un vaste système de financement illégal sur des fonds européens ! Ce qui prouve une fois de plus que le FN n’est en rien un parti « anti système ». Alors que le FN traverse une période de turbulence suite à sa défaite à la présidentielle et aux divergences stratégiques à donner à sa refondation, cette affaire est en passe de montrer le véritable visage d’un parti dont l’essentiel de la direction, de Marine Le Pen à Jean-Marie Le Pen, baigne dans un scande de détournement de fond organisé.




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