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Flashball : Une lycéenne perd un oeil sur un blocus

Dans un contexte de mobilisations pour protester contre le scandale de l'esclavage en Libye, des lycéens de Gustave Eiffel (94) avaient décidé de se mobiliser eux aussi et de bloquer leur lycée jeudi dernier. Une lycéenne se retrouve blessée apparemment suite au tir d'un flashball de type LBD40 par un policier.

Crédits photo : François Nascimbeni. AFP

Alors que le monde entier semble scandalisé par la découverte de traite humaine en Libye, la police est intervenue contre le droit de ces lycéens à s’exprimer en les réprimant. Elle a fait usage de gaz lacrymogène ainsi que de flashball, arme qui mutile fréquemment les manifestants, et qui semble avoir touché au visage une lycéenne. Selon les médecins de l’hôpital Cochin où elle est prise en charge, elle aurait perdu définitivement l’usage de son œil.

La version de la police

La police indique que la lycéenne aurait été blessée par un jet de pierre et que personne n’est tombé ou n’a appelé à l’aide. Mais comment demander de l’aide à ceux qui sont armés et te répriment ? En revanche des témoins affirment que c’est bien l’usage de flashball qui à mutilé cette élève au visage. Même si cette lycéenne n’avait pas été blessée, la répression d’une action de lycéens qui voulaient protester contre l’esclavage en Libye est de toute façon scandaleuse. A se demander quelles valeurs humanistes défendent ceux qui répriment et ceux qui ont donné les ordres de cette répression face au retour d’une traite humaine qu’on pensait jetée à la poubelle de l’histoire ?

Interdiction du flashball, désarmement de la police, et dissolution des corps spéciaux

Le LBD40 est censé incarné un nouveau type de flashball plus précis afin d’éviter ce genre de mutilations, sachant que le règlement interdit aux policiers de viser le visage. Pourtant, il n’en est rien. Selon Médiapart, depuis 2004 on dénombre une trentaine de blessés graves par flashball dont la majorité mutilés au visage, sans compter les morts et autres blessés par les violences policières en général, à l’instar de Rémi Fraisse, Adama Traoré, et Théo.
Certes, l’IGPN va mener l’enquête, mais comment faire confiance en cette IGPN qui corrobore la plupart du temps la version des policiers ou bien rend des non lieux ? Cette même IGPN qui a qualifié le viol de Théo en « accident ». Comment faire confiance en cette justice qui ne condamne que très rarement les policiers impliqués dans des histoires de violences, et qui est capable de juger un lycéen nantais « co-responsable » du tir de flashball qui l’a éborgné ?.

Dans les faits, Hollande, maintenant Macron n’ont eu cesse de renforcer l’armement de ceux qui mutilent quotidiennement les jeunes des quartiers populaires et de ceux qui osent manifester pour s’opposer aux politiques de casses sociales des gouvernements successifs. Contre les violences policières, il s’agirait de faire front autour de la défense de nos droits démocratiques, contre les violences d’Etat, policières, quotidiennes, permanentes, institutionnalisées. Face à ces violences policières, structurelles, l’on pourrait commencer par exiger, le désarmement intégral des forces de polices, ou encore la dissolution de ses corps spéciaux comme la BAC et les CRS.

Nous apportons tout notre soutien à cette lycéenne et à sa famille, ainsi qu’aux lycéens qui ont osé se mobiliser en solidarité avec les esclaves en Libye.




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