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Notre classe

Près de 900 ouvriers directement concernés

Ford a refusé l’offre de reprise de Punch… et préfère fermer l’usine ! La bataille continue !

Ce jeudi 13 décembre, le couperet est tombé : Ford a refusé l'offre de reprise de Punch Powerglide pour le site de Blanquefort, condamnant 850 ouvriers, dont Philippe Poutou, l'ex-candidat du NPA à la présidentielle, au chômage. Pourtant, la bataille n'est pas terminée, et les ouvriers n'ont pas encore dit leur dernier mot !

Crédits photos : GEORGES GOBET/AFP

La direction de Ford rejette l’offre de reprise et condamne 850 ouvriers, dont Philippe Poutou, au chômage

Ce jeudi 13 décembre, la nouvelle tant redoutée par les ouvriers de l’usine Ford de Blanquefort a été confirmée. La direction de la multinationale américaine a refusé l’offre de reprise de son site girondin par l’entreprise, elle aussi américaine, Punch Powerglide.

En réalité, cela fait près d’une décennie que Ford cherche à fermer l’usine de Blanquefort. Une bataille à l’usure, et des fermetures évitées par la combativité des ouvriers, déterminés à sauver leurs emplois. Aujourd’hui, ce sont donc 850 ouvriers qui sont sacrifiés sur l’autel de la rentabilité, sans compter les plus de 3 000 emplois induits par l’activité de l’usine, qui se retrouvent eux aussi menacés.

Cyniquement, la direction de Ford a annoncé un « plan social complet ». « Nous ne croyons pas que les plans de l’acquéreur potentiel offrent le niveau de sécurité et de protection, ou limitent le risque de possibles pertes d’emploi futures, que nous souhaitons pour les salariés de FAI (Ford Aquitaine Industry) » a ainsi déclaré le géant américain de l’automobile. Résultat des courses, l’ensemble des ouvriers de l’usine se retrouveront au chômage, selon les plans de la direction, à la fin de l’année 2019.

Les larmes de crocodiles de Bruno Le Maire

Tout aussi cynique, la réaction de Bruno Le Maire à l’annonce de la décision de la direction de Ford. Le ministre de l’économie a en effet accusé la multinationale de « trahison » et appelé l’entreprise à réviser sa position, lors d’une intervention devant le Sénat.

Voilà des semaines que Bruno Le Maire dit se positionner aux côtés des ouvriers et appelant à une reprise du site de Blanquefort. Une sacrée contradiction pour un ministre du « président des riches », dont le gouvernement s’évertue depuis le début du quinquennat à favoriser les possibilités de licenciement pour le patronat.

La CGT appelle à la poursuite de la mobilisation : « Non, Ford n’en a pas encore fini avec nous »

Comme depuis une bonne décennie, ce n’est pas du côté des politiciens qui, gouvernement après gouvernement, facilitent les licenciements et détruisent les droits des travailleurs que les ouvriers trouveront une aide pour défendre leurs intérêts. Ni même sur le strict plan judiciaire. Au contraire, c’est bien la mobilisation des travailleurs eux mêmes, sur le terrain de la lutte des classes et par la grève, que les Ford ont réussi à plusieurs reprises à empêcher les plans de la direction.

Ainsi, la CGT de Ford Blanquefort a publié un communiqué, indiquant « qu’elle va continuer la bataille, avec détermination, avec colère, qu’elle va tout faire pour "embêter" Ford, pour entraver sa logique destructrice, pour empêcher la catastrophe » avec pour objectif « de sauver nos emplois, de sauver les emplois induits, de sauver une activité sur l’usine ».

C’est dans cette voie qu’il est possible de retourner la situation. Celle de la grève et du rapport de force, pour empêcher la fermeture de l’usine. C’est pourquoi le soutien qui s’est manifesté tout au long de la résistance de ces dernières années sera d’autant plus important dans les semaines et mois à venir.




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