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Politique

Les plus précaires en première ligne

Fusion des aides sociales : 3,5 millions de ménages vont subir une baisse de revenus

Selon un rapport interne, révélé par Le Monde, la fusion des aides sociales provoquerait une baisse de revenus pour 3,5 millions de ménages. Et bien sûr, les dégâts se font particulièrement ressentir pour les plus précaires.

Crédits : LCI

Alors qu’Emmanuel Macron avait déclenché la polémique, avec son mépris de classe habituel, en estimant que les minimas sociaux coûtent « un pognon de dingue », il semble que l’on puisse avoir un aperçu de la concrétisation concrète de la « punchline ». En effet, selon un rapport interne que c’est procuré le journal Le Monde, remis en juin, la fameuse fusion des aides sociales, labélisé ASU (allocation sociale unique) devrait faire des dégâts, et toucher de plein fouet les ménages les plus modestes. Les hypothèses formulées convergeant sur le fait que l’ASU devrait remplacer le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation de solidarité spécifique (ASS), la prime d’activité, les aides au logement (AL), l’allocation adulte handicapé (AHH), l’allocation de solidarité pour les personnes âgées (ASPA) et l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI).

Ainsi, ce sont 3,55 millions de ménages qui vont subir une baisse de revenus avec la mise en place de cette ASU. Pire, 1,5 million d’entre eux, seront privés de toute aide. Mais lorsque l’on se penche plus précisément dans le détail, on voit dans un premier temps que ce sont les plus précaires qui payent le prix fort. Ainsi, ce nouveau système ferait deux fois plus de perdants que de gagnants chez les chômeurs longue durée, idem pour les bénéficiaires des aides au logement. A l’inverse, Macron semble vouloir privilégier une partie de sa base sociale qu’il avait ulcéré avec la hausse de la CSG. En effet, il y aurait 3,3 fois plus de gagnants que de perdants chez les bénéficiaires de l’ASPA. De plus, les fluctuations sont sensibles selon la configuration familiale, notamment en ce qui concerne le taux de pauvreté. Ainsi, si les familles monoparentales et les couples avec un ou deux enfants verraient leur situation légérement s’améliorer, les personnes isolées, elles, seraient particulièrement impactées, avec une hausse de 1,6% du taux de pauvreté.

Si, du côté du gouvernement, on affirme que rien n’est encore tranché, ce rapport interne en dit long sur la politique qu’entendent mener Macron et ses ministres. D’une part, chercher à reconquérir une partie de sa base sociale avec un soit disant « tournant social » tout en piochant directement dans les poches des plus précaires, donc celles et ceux qui ont précisément le plus besoin des diverses aides sociales. Il faut dire qu’en terme de casse des acquis sociaux, le gouvernement s’est fixé un objectif ambitieux à l’échelle du quinquennat : 60 milliards d’économies d’ici à 2022.




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