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Poursuivre le combat

GM&S. Un « sursis » arraché à Renault et PSA, et maintenant ?

Renault et PSA se sont engagés, ce dimanche, à augmenter leur commande à GM&S Industry, c’est ce que les ouvriers ont réussi à arracher sur le terrain de la lutte. Un investissement pour l’heure insuffisant, mais qui dévoile le chemin à suivre.

© France 3 Limousin - Nicolas Chigot

De la fermeture non négociable à une première avancée

Ce dimanche, Renault et PSA, principaux « clients » de GMS, se sont engagés à augmenter leurs commandes à GMS Industry, respectivement de 5 à 10 millions et de 10 à 12 millions. Un investissement qui devrait permettre à l’entreprise de réaliser, pour l’année 2017, un chiffre d’affaire de 25 millions d’euros. L’information a été confirmée par le ministère de l’économie, Bruno Le Maire.

Ces engagements permettront d’atteindre un niveau de chiffre d’affaires sur 2017 proche de 25 millions d’euros, et rendent possible la continuité de l’exploitation et la poursuite des discussions sur la reprise de l’entreprise

Jusqu’il y a quelques jours seulement, la direction de GMS Industry assurait encore que la fermeture était inéluctable, tandis que Renault et PSA ne donnaient aucun signe encourageant ne laissant entrevoir aucune porte de sortie. En lutte depuis des mois, les ouvriers de GMS, soutenus largement par d’autres travailleurs de toute la France, ce qui s’est matérialisé par un rassemblement national de soutien réussi, n’ont pas démordu. Bien au contraire.

Alors que les négociations étaient au point mort, les ouvriers ont passé la vitesse supérieure, en occupant et piégeant à l’aide de bonbonne de gaz leur usine depuis le 11 mai dernier et assurant être prêts à « tout faire sauter » si leurs revendications n’étaient pas entendues.

Cette radicalité a attitré l’attention de la presse et du gouvernement et l’a forcé à trouver une solution pour essayer de désamorcer un conflit qui risque de devenir un casse-tête en pleine campagne pour les législatives.

25 millions d’investissement. Pourquoi est-ce insuffisant ?

Il est clair que l’annonce de Renault et PSA est pour l’heure tout à fait insuffisante. La CGT a par ailleurs, et à juste titre, estimé que cet investissement était un « {}sursis  » et appelant à ce que « les salariés restent mobilisés ». En effet, le syndicat a estimé à 40 millions les investissements nécessaires pour réussir à sauver l’usine, et l’ensemble des emplois.

Alain Rousset, président socialiste de la région Nouvelle Aquitaine déclarait : « La ténacité a payé. La Région sera là demain pour accompagner GM S dans ses investissements et ses efforts de diversification ». Ainsi, ce que l’on peut lire au travers ces lignes, c’est que le combat serait gagné. Une manœuvre visant à mettre un terme au mouvement, pour un retour « à la normale » coïncidant avec la fin de l’occupation et de la démonstration de radicalité des ouvriers de GMS. Il s’agit d’une tentative de désorganiser la lutte et pencher le rapport de force en faveur du patronat et ses plans de fermeture de l’usine.

Du côté du gouvernement, il s’agit de calmer la situation et gagner du temps jusqu’aux élections législatives mais aucunement de faire des « promesses » de préserver les emplois. Mais ce qui est très important pour le gouvernement c’est d’éviter de poser un précédent pour le reste du quinquennat où les salariés à travers des mesures radicales obtiennent satisfaction, même partielle, à leurs revendications. C’est l’inquiétude de certains secteurs du patronat.

Poursuivre le mouvement pour imposer l’ensemble des revendications

Avec cette première victoire partielle, les ouvriers de GMS se sont eux même ouvert la voie à suivre. En effet, si seul le rapport de force le plus exacerbé a permis de faire fléchir jusqu’à Renault et PSA, il est évident qu’imposer l’ensemble des revendications passera par la poursuite du mouvement avec un rapport de conflictualité équivalant. Sur un autre plan, la solidarité de nombreux secteurs ouvriers et de la jeunesse sont eux aussi des ingrédients pour influer sur le rapport de force.

En ce sens, le maintien de la manifestation ce mardi à Poitiers malgré ces premières avancées est un excellent signe. Une situation qui témoigne de la résistance ouvrière et de la méfiance des travailleurs vis-à-vis du gouvernement qui augure des difficultés pour Emmanuel Macron à imposer à grand coup d’ordonnances le détricotage intégral du code du travail et, plus largement, l’ensemble des acquis sociaux sans déclencher des luttes et résistances.




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