Monde

Poitiers et internationalisme

Grèce. Solidarité avec les dispensaires autogérés !

Publié le 14 octobre 2016

L’austérité, y compris « de gauche », est synonyme non seulement de dégradation des conditions de vie et de travail, mais également de disparition pure et simple de certains droits qui semblaient acquis, comme le droit à la santé. En Grèce, c’est de façon auto-organisée que militants et habitants des quartiers ont construit des dispensaires populaires, en lien avec le mouvement international de soutien au peuple grec.

Correspondantes

Ce jeudi 13 octobre s’est tenu à Poitiers un événement de solidarité avec les dispensaires autogérés grecs, soutenu per le Collectif 86 pour un audit citoyen de la dette publique, EE-LV, Ensemble, MJCF, NPA, PCF, PG, FSU, CGT Laborit et USP. Un Collectif pour l’annulation de la dette illégitime a vu le jour dans la Vienne dès 2011 et cette activité a été prolongée ensuite par la création du Collectif de soutien à la Grèce en lien avec les dispensaires autogérés athéniens, comme celui d’Halandri, avec lequel a été établi un jumelage symbolique.

Après les cinq années de « guerre économique et sociale » en Grèce, le taux de chômage est monté à 28%. 30.000 sans-abris peuplent Athènes, les pensions ont été rabotées de 25% et les retraités sont matraqués, le budget santé a été réduit d’un tiers, un tiers des commerçants a fait faillite et le taux de suicide d’un pays, qui avait le plus faible pourcentage en Europe, a été doublé. Un tiers de la population n’a pas de sécurité sociale et le 40% de la population ont passé le dernier hiver sans chauffage. Les salariés grecs ont beau avoir l’une des durée de travail les plus élevées en Europe en moyenne, la presse et les médias des pays créanciers continuent à les tenir comme responsable de la crise…

Dans ce cadre, l’organisation et la solidarité sont essentiels. La caravane de solidarité s’est donc arrêtée sur Poitiers pour rejoindre, samedi, Lyon, et continuer son périple vers la Grèce. L’enjeu, pour Poitiers, n’était pas uniquement de recueillir des médicaments destinés aux centres hospitaliers autogérés grecs (le CHU de Poitiers a, sur ce plan, participé en fournissant une caisse de médicaments), mais également des jouets, des peluches et des vêtements destinés à un hôtel occupé par environ 400 réfugiés.

Cette nécessité de construction d’une solidarité concrète s’est présentée suite aux conséquences des mesures d’austérité imposées par la Troïka et appliquée par le gouvernement Tsipras et qui a entraîné le secteur de la santé dans la crise. « On a besoin d’efficacité et d’action sur le terrain » explique un militant de la caravane, présent à Poitiers jeudi soir. Dans le passé, d’autres caravanes syndicales et politiques ont permis de soutenir le Vietnam et le Nicaragua et il y a urgence à « renouveler la tradition du mouvement ouvrier », afin de promouvoir la solidarité entre tous les peuples contre les attaques des politiques d’austérité.

Ce que nous vivons aujourd’hui en France s’inscrit dans des proportions moins importantes par rapport à la situation grecque, mais constitue un processus qui s’accélère toujours plus et qui rend les deux pays effroyablement compatibles. La multiplication des plans sociaux, l’augmentation du temps de travail permise par les accords d’entreprise, nés de la destruction du Code du Travail et loi El Khomri, tout indique la nécessité d’une lutte collective et internationaliste contre ces politiques antisociales et en faveur de la construction d’une Europe des peuples, des travailleurs et de la jeunesse.