Culture et Sport

Exposition Hergé au Grand Palais

Hergé et Degrelle, les parrains nazis de Tintin

Publié le 10 août 2016

Grosz

« L’un des plus grands artistes contemporain », « perfectionniste et visionnaire » : le site web du Grand Palais ne tarit pas d’éloges pour présenter l’exposition « Hergé » qui se tiendra du 28 septembre prochain au 15 janvier 2017.« Intégriste catholique, antisémite, colonialiste, nazi » sont à l’inverse des qualificatifs qu’on ne lira pas dans les médias officiels. Et pourtant...

Qui était Georges Rémi, alias Hergé ?

Dès le début des années 30, Hergé (1907-1983) collabore avec l’extrême-droite fasciste belge, notamment avec l’abbé Wallez, maurassien, antisémite et admirateur de Mussolini, directeur du journal catholique Le vingtième siècle. Hergé deviendra, en 1928, directeur du supplément destiné aux enfants intitulé « Le petit vingtième ». Mais c’est surtout sa rencontre avec Léon Degrelle qui sera déterminante et fera de lui un authentique fasciste pro nazi.

Léon Degrelle (1906-1994), le nazi

D’abord écrivain et journaliste d’obédience catholique, Degrelle est nommé directeur de la maison d’édition Christus-Rex en 1930. Celle-ci se situe à l’extrême-droite du Parti Catholique et l’aiguillonne dans ce sens. Fondateur du « rexisme », qui évoluera du nationalisme au fascisme, il se rapproche du national-socialisme au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Non seulement il collabore avec l’occupant nazi, mais il combat sur le front de l’est avec la division SS-Wallonie et, pour faciliter l’intégration de celle-ci à la Waffen-SS allemande, il fait proclamer, par le mouvement REX, la « germanité des wallons ».
Il termine la guerre en tant que SS-Obersturmbannführer et Volksführer der Wallonen.

Après la guerre, en 1945, il trouve refuge en Espagne, alors sous Franco, où il vit une cinquantaine d’années, obtient la nationalité espagnole et continue à défendre le nazisme et à nier l’existence des camps d’extermination.

La collaboration Hergé-Degrelle

En 1932, lors des élections législatives belges, Degrelle est chargé d’assurer la propagande électorale du Parti Catholique. Il utilise des affiches réalisées par Hergé, particulièrement odieuses et xénophobes, représentant un masque à gaz sur une tête de mort avec la légende : « Contre l’invasion, votez pour les catholiques ! ».
Pendant l’occupation de la Belgique, dans les années 1940-44, Hergé fait son beurre en intégrant l’équipe de rédaction du journal Le soir, confisqué par les nazis belges et dirigé par Raymond De Becker, ex démocrate-chrétien devenu nazi. Ce quotidien, baptisé « Le soir volé » par les anti-nazis, tirera jusqu’à 300.000 exemplaires. De plus en plus populaires, les bandes dessinées de Tintin qui y figurent ne sont pas pour rien dans ce succès. Après la guerre, Hergé n’est pas sérieusement inquiété par la justice belge.

Degrelle affirma jusqu’à sa mort, en 1994, qu’Hergé s’était inspiré de son personnage pour créer Tintin. Vrai ou faux ? Peu importe. Ce qui reste certain, c’est la proximité politique et la complicité des deux personnages.

La fonction de Tintin

A quoi sert Tintin ? Comme tous les « bons » personnages de bandes dessinées destinées à la jeunesse, il est en quelque sorte un modèle. Modèle de quoi ? Du petit blanc raciste et méprisant (Tintin au Congo), anticommuniste (Tintin au pays des soviets), antisémite (L’étoile mystérieuse).

Hergé avait certes du talent… Malheureusement, est-on tenté de dire. Loin d’une prétendue neutralité et d’un apolitisme de bon aloi, il a distillé durant des décennies, aux jeunes de 7 à 77 ans, le poison de la morale la plus réactionnaire qui soit.

Le scandale de l’exposition du Grand Palais

Dans ce pays, sous le gouvernement Hollande-Valls, la censure règne à plein : poursuites contre des manifestants pour propos insultants vis-à-vis de personnes ayant autorité, poursuite contre des militants pro palestiniens portant des T-shirts BDS… Et le sommet : interdiction d’un chant du mouvement ouvrier, la « chanson de Craonne », lors des cérémonies commémoratives de la bataille de la Somme du 1er juillet 2016 par le secrétaire d’état Todeschini. Mais la photo monumentale du nazi Hergé placardée actuellement sur le côté du Grand Palais, à l’occasion de l’exposition qui lui est consacrée, ne dérange personne ! Ni la Mairie de Paris, ni le gouvernement... Vous avez dit… pour barrer la route au FN, il faut soutenir le gouvernement Hollande-Valls ?

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