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Interdiction sur interdiction

La Mairie de Montpellier s’acharne contre BDS

Publié le 24 juin 2016

C’est à un bras-de-fer implacable que la mairie de Montpellier a décidé de se livrer, depuis de longs mois, contre le groupe BDS local, trop visible au goût du maire et de ses adjoints. Les militants, qui avaient pris l’habitude d’être présents sur la place de la Comédie tous les samedis, montrant ainsi leur détermination à apporter un soutien sans faille au peuple palestinien opprimé, viennent d’apprendre qu’en plus de ne pas pouvoir tenir de stand sur la place ce samedi, c’est le rassemblement qu’ils avaient convoqué qui sera également interdit.

Dom Thomas

Mairie vs BDS. Une longue série d’attaques contre la liberté d’expression politique

Attaqués de toutes parts, les membres de BDS 34 ont intérêt à tenir bon. Alors que deux de leurs militants subissent déjà la répression bien-pensante et républicaine de la Ligue des Droits de l’Homme, alliée pour l’occasion à la LICRA, au MRAP, au BNCVA et à Avocats Sans Frontières (présidé par un membre du CRIF), la Mairie de Montpellier ne rate pas une occasion de les empêcher de mener leur combat. En octobre dernier, sur suggestion de la LICRA et du CRIF, le maire a décidé que le stand politique de BDS tous les samedis sur la place de la Comédie serait désormais assimilé à un stand commercial, et donc soumis à autorisation demandée un mois à l’avance. Le premier rassemblement de soutien organisé en riposte à cette annonce avait été violemment réprimé, et le second avait été purement interdit.

La mairie vient de démontrer, si cela été nécessaire, que la « formalité » imposée depuis octobre n’était rien d’autre qu’une manière de museler l’expression politique : en effet, le stand dûment demandé dans les formes et les délais, pour ce samedi 25 juin, a été interdit par Luc Albernhe, adjoint au maire et délégué au cadre de vie. Il en a profité pour interdire également le rassemblement statique avec prises de parole, déclaré comme tel et dans les délais en préfecture, pour ce samedi 25 juin de 15h à 16h30 !

Un climat national qui encourage cette répression

Le motif invoqué contre la tenue du stand est le suivant : « La place de la Comédie devant impérativement répondre à des mesures de sécurité et d’accessibilité spécifiques à l’occupation de l’espace public, je ne peux donc répondre favorablement à votre demande. »

Après les interdictions de parler politique dans les fan-zones mises en place pour l’Euro, voilà que la mairie de Montpellier, par la voix de Luc Albernhe, veut nettoyer la principale place touristique et commerçante de Montpellier de toute initiative ne rentrant pas dans le rang. A l’heure où pour la première fois en France, une manifestation syndicale est d’abord interdite ; puis réduite à un périmètre ridicule et soumise au contrôle renforcé des gros bras de la République, la mairie de Montpellier cherche-t-elle à concurrencer Manuel Valls ou au contraire, comme le disent les militants de BDS dans un communiqué, « lui offrir "une interdiction de manifestation" en prélude à sa venue à Montpellier le 1er juillet ? et montrer ainsi que la province peut faire "mieux que Paris" en matière d’atteintes au droit de manifester ? »

Face à cette énième attaque aux libertés démocratiques fondamentales, et en soutien avec le peuple palestinien, les membres de BDS ont décidé de maintenir le rassemblement et appellent à y venir nombreux et nombreuses pour prendre la parole, défendant ainsi le droit constitutionnel à manifester à occuper l’espace public pour y porter une expression politique.

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