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Monde

Dans le plus pur style de l’establishment

Investiture de Trump : un show digne de l’élite politique américaine

Durant son discours d’investiture, Trump a largement attaqué l’establishment politique États-Unien et affirmé que les choses allaient désormais changer, que le « peuple allait reprendre le pouvoir ». Mais la physionomie de cette cérémonie d’investiture, dans le plus pur style des shows démesurés de l’élite politique américaine, a au contraire montré à quel point le magnat de l’immobilier new-yorkais était à l’aise dans ce style.

Un show dans le plus pur style de l’élite politique américaine

La cérémonie d’investiture du président américain a beau avoir lieu tous les quatre ans, on n’en reste pas moins toujours surpris par cet étalage de luxe auquel elle donne lieu. A elle seule, cette journée particulière incarne les avantages matériels et symboliques dont jouit l’élite politique américaine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Donald Trump, le nouveau président américain, n’a pas dérogé à la règle. Au contraire, le magnat de l’immobilier new-yorkais, né une cuillère en argent dans la bouche, a montré à quel point il était particulièrement à l’aise dans ce monde des puissants, qu’il ne cesse pourtant de dénoncer.

Coût total de la journée : entre 175 et 200 millions d’euros selon le Washington Post. Cette somme surréaliste est à l’image du dispositif impressionnant mis en œuvre pour la cérémonie : la ville de Washington entièrement bouclée avec des checkpoints à toutes les entrées, près de 30.000 hommes dédiés à la sécurité, des snipers sur les toits… Et ce jusqu’aux détails les plus croustillants : le départ de Barack et Michelle Obama en hélicoptère, ou encore le déménagement éclair de la Maison Blanche en quelques heures seulement. Il ne faudrait pas que M. Trump soit incommodé par l’arrivée dans ses nouveaux appartements. On est ici très loin de la fête populaire d’union entre les travailleurs, les classes populaires et leurs représentants politiques vendue par les médias dominants. Quand on connait la situation de misère dans laquelle vit une partie grandissante des classes populaires américaines, cette mise en scène rappelle à s’y méprendre les fantaisies de celles d’un monarque déconnecté de la réalité des classes populaires. Et ce sans compter les milliers de manifestants dans les rues de Washington contre son investiture.

Le mépris de la démocratie, des travailleurs et des classes populaires


Derrière les discours de Trump fustigeant l’establishment de Washington, la réalité est bien autre. Si celui-ci se démarque de la tradition de l’élite politique, c’est davantage pour son mépris encore plus explicite de la démocratie, des travailleurs et des classes populaires que l’inverse. Rappelons à ce titre que le nouveau président des Etats-Unis a été élu avec près de 2 millions de voix de moins que sa rivale, qu’il est le président américain le plus impopulaire au début de son mandat, ou encore que celui-ci a refusé de céder son empire financier comme la loi l’y obligeait lors de sa prise de fonctions, se contentant de céder sa gestion à ses enfants.

Ainsi, cette cérémonie est venue le démontrer une fois de plus s’il était encore permis d’en douter : Trump est bien un pur produit des classes dominantes, qui sait être gré du système d’exploitation et d’oppression qui l’a fait roi depuis sa naissance. D’ailleurs, la volonté annoncée de plusieurs entreprises américaines de rapatrier leur production sur le sol américain, à la veille de son élection, si elle a été en grande partie mise en scène (car prévue de longue date), montre que le patronat américain lui fait confiance pour mener les attaques les plus dures contre les travailleurs américains et pour le profit des industriels. Si son investiture inquiète au sein des classes dominantes, c’est surtout par la fragilité de sa base électorale. D’une part, les promesses de campagne que celui-ci a faites (comme la construction d’un mur à la frontière mexicaine) sont contraires aux intérêts de l’impérialisme américain qui bénéficie largement de l’exploitation des travailleurs mexicains. D’autre part, la mobilisation contre l’élection de Trump a d’ores et déjà commencé, et va s’amplifier lors de la Women’s March appelé ce samedi matin. C’est cette voie de la contestation dans la rue qui est la seule qui pourra remettre en cause les acquis de cette élite politique américaine, et dont la cérémonie d’aujourd’hui n’a été qu’une démonstration de plus.




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