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Politique

#FakeNews

L’« Affaire Sonia Nour » : le FakeNews de la fachosphère, reprise par le gouvernement, contre la gauche et Mélenchon.

Tout est parti d’un post Facebook propagé, en un éclair de temps sur la toile. 200 caractères ont ouvert la voie à une véritable cabale médiatique et politique, d’abord enclenchée par la fachosphère, puis reprise par le gouvernement en la personne de chef de la majorité, Richard Ferrand, qui vise à décrédibiliser la gauche réformiste du PCF comme de la France Insoumise.

Une avalanche contre Sonia Nour, des attaques contre la gauche

Le 3 octobre. Sonia Nour, conseillère municipale à la Courneuve et militante au PCF s’élance dans une publication Facebook énervée. Elle ne soupçonne certainement pas, à ce moment là, que celle-ci lui vaudra, quelques heures plus tard, l’agression verbale de la fachosphère sur son compte, et le signalement pour « apologie au terrorisme » du secrétaire départemental du Front National, Jordan Bardella, auprès du procureur de la République de Seine-Saint-Denis. Ni qu’elle enclenchera la suspension de son poste auprès de la mairie de la Courneuve. Ni même que celui-ci sera utilisé pour discréditer la suppléante du député FI François Ruffin, Zoé Desbureaux qui lui a apporté son soutien sur twitter, réclamer sa démission en tant que suppléante du député et son licenciement en tant qu’enseignante au sein de l’Education Nationale. Ni qu’à travers elle, ce serait le député François Ruffin qui serait attaqué, puis, dans la bouche du président du groupe parlementaire La république En Marche, Richard Ferrand, la personne de Jean-Luc Mélenchon qui serait mise en cause.

Cette déferlante est le fruit d’une véritable offensive menée par la fachosphère, déjà habituée lors des mois précédents à la pratique du FakeNews – déformation, instrumentalisation, invention de l’information - pour déstabiliser ses opposants. Mais elle est également menée par le gouvernement en la personne du chef de groupe de la majorité, Richard Ferrand qui s’est aussitôt saisi de l’occasion pour s’attaquer à son principal adversaire, chef de file des Insoumis à l’Assemblée, Jean-Luc Mélenchon.

« Martyr »

A l’origine de cette cabale, l’utilisation du mot « martyr » par une militante PCF dans une comparaison pour dénoncer les hypocrites instrumentalisations politiques de la cause féministe, et l’œuvre de l’extrême droite, et du gouvernement, pourtant tout deux à leur manière acteurs d’une certaine apologie du terrorisme. Pour les premiers à travers leur xénophobie et leur racisme, pour les second, notamment à travers le soutien à Lafarge pour sa complicité avec Daesh au parlement, comme l’affirme justement Mélenchon. Cependant, nous ne partageons pas le contenu de cette publication de Sonia Nour, que l’usage du mot « martyr » soit une maladresse ou non. Dans le meilleur des cas, si c’est une maladresse, il s’agit d’une erreur grossière, dans le pire des cas, s’il est usé en son sens premier, il aurait un sens totalement réactionnaire.

S’il s’agit bien d’une maladresse, pour Sonia Nour, ce qu’elle viserait à dénoncer, c’est l’indignation à géométrie variable que provoquent les violences faites aux femmes, inaudibles et invisibles la plupart du temps alors qu’elles tuent une femme tous les deux jours, mises au rang de la barbarie lorsqu’elles sont commises par ceux qui prétendent tuer au nom d’Allah, qui est au centre de son message.

Déformation de la parole et FakeNews, une volonté de déstabiliser

Mais ce n’est pas celui qui a été retenue par la toile. Totalement évincé, la fachosphère a profité de l’occasion pour attaquer à vif. En cause : l’utilisation du terme « martyr », un terme louangeur, tout droit sorti du répertoire de l’idéologie fondamentaliste et réactionnaire dans laquelle se sont imprégnés ces assassins, psychopathes, barbares qui s’adonnent à des massacres. Le choix des mots a son importance. S’il s’agit bien d’une maladresse, il est ici inapproprié pour une militante qui se revendique de la gauche sociale et politique, mais de cette erreur, la fachosphère et le gouvernement en font un procès pour « apologie au terrorisme ». Autrement dit, en des termes plus modernes, une FakeNews.

A ce rythme là, l’information initiale n’a plus d’intérêt. Pour Riposte LaÏque, le « soutien total » de Zoé Desbureaux à Sonia Nour se transforme en « une enseignante communiste qui défend l’assassin de Marseille ». Pour Jforum, la même devient une antisémite notoire.

Face à l’injonction à se désolidariser lancée par Richard Ferrand, Jean-Luc Mélenchon a pointé l’hypocrisie de mise au gouvernement sur les questions du financement du terrorisme dans l’affaire Lafarge. « L’interpellation offensante du président Ferrand ne saurait effacer l’infamie de son refus par son vote personnel de châtier Lafarge pour sa complicité avec Daesh, ni son refus d’enquêter sur les liens du Qatar avec les groupes terroristes qui ont assassiné nos compatriotes. » lui-a-t-il retorqué.




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