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Monde

Journée de la terre en Palestine

L’État israélien déploie une centaine de snipers qui ont ordre de tirer sur la foule

Les Palestiniens vont se mobiliser pour 6 semaines à partir d'aujourd'hui avec la journée de la terre. Le gouvernement israélien a fait déployer des snipers pour tirer à balle réelle sur toute personne s'approchant de la frontière séparant la bande de Gaza du reste de la Palestine. Alors que la pâque juive débute aujourd'hui, Tsahal est sur les dents pour empêcher toute infiltration « en masse en Israël ».

Crédits photo : Photo Roberto Schmidt.AFP

Depuis plusieurs mois, la tension a redoublé en Palestine après la décision de Trump de reconnaître Jérusalem capital de l’État israélien. Les Palestiniens ont protesté et Tsahal a réprimé et tué comme à son habitude.

La tension est loin d’être redescendue puisqu’il y a peu des chars israélien ont tiré sur deux postes d’observation du Hamas dans la bande de Gaza, après que deux palestiniens aient mis le feu à un monticule proche de la barrière de séparation. C’est aux abords de cette frontière que les Palestiniens vont se rassembler et où Tsahal a déployé 100 snipers supplémentaires.

La journée de la Terre

Le 30 mars, c’est la journée de la Terre pour les Palestiniens. Ils commémorent la mort, en 1976, de six palestiniens vivant dans l’État israélien lors de manifestations contre la confiscation de terrains par Israël. Le gouvernement israélien décide en février 1976 de confisquer de nombreuses terres palestiniennes pour les donner à des colons israéliens. Les Palestiniens vivant dans l’État d’Israël lancent alors une grève générale pour protester. Tsahal est déployée, les Palestiniens descendent dans les rues, les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza se mettent également en grève en solidarité avec leurs frères. Tsahal ouvre le feu : 6 morts, une centaine de blessés et des centaines d’arrestations.

Depuis, chaque année, le même jour, les Palestiniens défient l’autorité israélienne ; cette journée de la Terre est la journée de la résistance palestinienne face à la colonisation.

L’État israélien prêt à tout, quitte à tuer

Gadi Eisenkot, chef d’état-major israélien a été très clair « en cas de danger mortel, on a l’autorisation de tirer. Nous ne permettrons pas qu’on s’infiltre en masse en Israël ». Alors même que les Palestiniens ont commencé jeudi 29 mars à déployer des tentes et à se regrouper aux abords de la bordure de séparation, ces menaces n’annoncent rien de bon pour les jours qui viennent.
En effet, les hommes et femmes de Tsahal qui sont postés à la frontière tirent régulièrement à balles réelles sur les Gazaouis qui s’approchent trop près lors de manifestations, sans autres raisons et sans ordre direct.

Ici, ils ont d’ores et déjà la bénédiction de la hiérarchie pour massacrer les Palestiniens. Comme si ces soldats surarmés ne suffisaient pas face à de jeunes palestiniens qui ne peuvent que lancer des pierres, le gouvernement a déployé une centaine de snipers supplémentaires à la frontière.

Face à une mobilisation qui s’annonce forte et radicale avec ce qui s’est passé cette année, le chef d’état-major a expliqué que les soldats israéliens étaient prêts à « employer largement la force ».

L’armée israélienne se dit préparée à tous les scénarios, à commencer par une tentative, organisée ou pas, de forcer la barrière de la part de Gazaouis coupés du reste du monde.

La bande de Gaza, à la densité de population la plus élevée au monde, est soumise à un blocus permanent de la part de l’Égypte et de l’État israélien et ce, depuis des années.

Les velléités de répression de la part de l’État israélien sont également renforcées par un fait qui est remonté au Knesset cette semaine : l’augmentation démographique palestinienne. Le Figaro révèle que le colonel Haim Mendes, chef adjoint de l’Administration – « cette composante de l’armée israélienne qui fait office de gouvernement dans les Territoires occupés » – a expliqué devant une commission qu’il y a « désormais autant d’Arabes que de Juifs sur le territoire qui s’étend entre la Méditerranée et le Jourdain ». Une rhétorique ouvertement raciste, légitimant une nouvelle hausse en matière de répression.
En attendant, aujourd’hui, des Palestiniens, jeunes pour la plupart, défieront l’État sioniste et sa politique colonialiste, et devront faire face à des snipers à qui on a donné le permis de tuer.




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