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Société

Un procès glaçant

L’anus déchiré à coups de matraque. Les méthodes de la police de Drancy (93)

C’est un nouvel épisode de violences policières, des plus brutales, qui a été décrit lundi, au Tribunal de grande instance (TGI) de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Sur le banc des accusés, on retrouvait les méthodes des policiers municipaux de Drancy, ou du moins de l’un d’entre eux, aux pratiques absolument sauvages, consistant à déchirer l’anus d’un jeune homme interpellé et conduit à garde-à-vue à coups de matraque télescopique. Il a agi devant ses collègues. Corinne Rozenn

Les faits jugés lundi au TGI de Bobigny remontent au 29 octobre 2015 et ils sont glaçants. Ce jour-là, une équipe de la police municipale de Drancy intervient vers 21h30 pour un cas de tapage nocturne. Le ton monte rapidement et les jeunes accusés de faire du bruit auraient outragé les policiers municipaux qui interpellent l’un d’entre eux, Alexandre, l’emmènent au commissariat de Drancy avant de le conduire vers celui de Bobigny. C’est au moment de ce second transfert que les policiers violentent le jeune homme, l’un d’entre eux le frappant très probablement à l’anus avec son bâton de défense télescopique au point de lui provoquer une plaie ouverte profonde de 1,5 cm. « Plus jamais tu parleras comme ça de la police municipale, auraient dit ses agresseurs à Alexandre. Tu te rappelleras de nous ».

Impossible, pour le policier accusé, de se souvenir de ce qu’il s’est passé réellement. Des traces de sang d’Alexandre sont pourtant retrouvées dans la Peugeot 307 de l’équipe de policiers municipaux et des traces de l’ADN de la victime ont été détectées sur la matraque. Dans un premier temps, cependant, le policier accusé a toujours dit qu’il n’y avait « pas eu d’incident ».
En dépit du positionnement du président, qui a aucun moment n’a cru en la version du policier-bourreau, seule une peine de six mois avec sursis et de un an d’interdiction a été requise, le délibéré devant être rendu le 20 février. En 2006, Alexandre, la victime, avait été jugé pour insulte à agent. A l’époque, il avait écopé de huit mois avec sursis. Visiblement, pour la « justice » hexagonale, une violence volontaire avec arme, en réunion, ressemblant à s’y méprendre à une agression sexuelle, et de la part, de surcroît, d’une personne dépositaire de l’autorité publique, c’est moins grave que d’insulter Monsieur l’agent.

Circulez, il n’y a rien à voir.




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