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L’élection de Valls dans son fief d’Évry fortement contestée

Face à Farida Amrani, candidate pour la France Insoumise, Manuel Valls, qui bénéficiait de l’absence de candidats d’En Marche et du Parti socialiste, a remporté la première circonscription de l’Essonne. Une victoire fortement contestée, à commencer par sa concurrente, qui a déposé un recours pour fraude ce lundi matin.

Crédits photo : MAXPPP

C’est avec un score plus que serré et dans une ambiance tendue que Manuel Valls, qui se présentait sous l’étiquette Divers gauche, a défait sa concurrente de la France Insoumise, Farida Amrani. L’ancien Premier ministre a en effet annoncé sa victoire dans la première circonscription de l’Essonne, avec seulement 50,3 % des voix, pour 60 % d’abstention : « Les résultats ont été donnés commune par commune, et avec la prudence qui s’impose. Ce soir je suis élu avec 50,3 % des voix, et 139 voix d’avance », a-t-il déclaré, dans un ambiance très tendue.

Sa rivale Farida Amrani, candidate de la France Insoumise, a en effet immédiatement contesté les résultats et revendiqué la victoire. Celle-ci a annoncé qu’elle déposerait un recours dés lundi matin, assurant qu’elle avait une avance sur Valls, « une petite, mais une avance ». Elle explique notamment n’avoir signé aucun PV lors du dépouillement, ce que confirme son entourage.

« On revendique la victoire. On déposera un recours demain matin à la première heure », annonce Farida Amrani, qui dénonce de nombreuses irrégularités dans les quatre bureaux de vote de la circonscription à Manuel Valls et des manœuvres d’intimidation de la part des soutiens de l’ancien Premier ministre. « On a passé une semaine très difficile, où plusieurs choses se sont passées. On a des vidéos, des photos, où il y a eu des intimidations » évoquant un « 49.3 électoral ».

S’en sont suivies quelques minutes de vives tensions et des manifestations spontanées contre l’élection de Valls. Le discours de ce dernier annonçant sa victoire était à peine audible avec les hués, et les cris des manifestants venues contester sa victoire : « Tricheur, tricheur ! ». Parmi eux se trouvaient notamment des militants de la France Insoumise, dont certains ont été évacués manu militari par des policiers.

Face à ces accusations et protestations, Valls joue les victimes, et revendique sa légitimité : « J’ai été élu et je siège […] Après les insultes et la haine, si visible hier soir à Évry, c’est désormais la mise en cause de mon élection. Il n’y a aucune base à la contestation de mon élection et à sa régularité. Je serai aujourd’hui à l’Assemblée nationale et j’y siégerai dès le 27 ».

En attendant la proclamation officielle des résultats, gérée par le Conseil constitutionnel, c’est en effet bel et bien Manuel Valls qui est annoncé vainqueur et qui siégera à l’Assemblée, puisque tout recours déposé par un adversaire proclamé vaincu n’est pas suspensif. De plus, la décision d’annuler un scrutin est plutôt rare, puisque jamais le conseil constitutionnel n’a proclamé un plaignant vainqueur. Et cela notamment parce qu’après le dépouillement, les bulletins qui sont comptés et que les scrutateurs estiment réguliers sont détruits

Si Valls est l’un des rares anciens ministres du quinquennat Hollande à rester à l’Assemblée nationale, c’est une victoire sur fond de vives contestations qui reflètent l’illégitimité importante et la forte impopularité de ce dernier. Ces législatives l’ont placé dans une position très incertaine, l’entre-deux tours s’étant d’ailleurs transformé en un « tous contre Valls », avec des slogans autour de la politique anti-sociale qu’il a mené sous le gouvernement Hollande, notamment autour du 49.3, de l’islamophobie et également de la posture de l’ancien candidat à l’Élysée à l’endroit du PS après la primaire, qui lui a coûté cher auprès de son électorat de gauche. Un pari momentanément réussi cependant pour Valls, pour qui une défaite aux législatives aurait été synonyme d’une humiliation suprême, après le râteau qu’il s’est pris par Emmanuel Macron et la procédure d’exclusion du PS.




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