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Politique

Les centrales de cadres prêtent à entrer dans la bataille

La CFE-CGC et la CFTC veulent en découdre avec la loi travail XXL

C’est assez rare pour être souligné. Les deux principales centrales de cadres ont répondu favorablement à l’appel de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, pour la tenue d’une réunion unitaire en vue d’une manifestation de rue contre les ordonnances Macron.

Crédits photo : ERIC CABANIS / AFP

« Je suis prêt à une journée de mobilisation, mais à condition qu’elle soit unitaire, avec tous les syndicats. C’est le mandat que j’ai obtenu de mes instances ». La déclaration de François Hommeril, président de la CFE-CGC, a le mérite d’être claire. Et si des doutes persistaient, la centrale syndicale a indiqué dans un communiqué refuser « de rester passive sauf à se sentir complice de la dégradation de la situation » et « appelle à un mouvement unitaire et invite l’ensemble des centrales syndicales à réagir selon des modalités dont elles définiront ensemble la nature et la date. »

Oui, la centrale syndicale des cadres sera présente à la réunion proposée par Philippe Martinez, secrétaire générale de la CGT. La CFTC, l’autre grande centrale des cadres, sera également de la partie, tout comme Force Ouvrière, la FSU et Solidaires. En ligne de mire, l’organisation d’une journée de mobilisation contre les ordonnances Macron. En d’autres termes, l’arc de force intersyndical dans la bataille contre la loi travail XXL vient d’enregistrer des renforts de poids.

La CFE-CGC ne s’est plus mobilisée… depuis 2010 !

Traditionnellement, la CFE-CGC ne se mobilise pas. En effet, la centrale syndicale est l’une des rares à refuser systématiquement d’appeler… aux manifestations annuelles du 1er Mai.

Plus encore, la CFE-CGC n’a plus appelé à des mobilisations de rue depuis … 2010 et la bataille contre la réforme des retraites d’Éric Woerth ! Près de 7 ans sans un appel national à manifester, ce qui pourrait donc s’achever lundi prochain avec l’hypothétique annonce d’une date contre les ordonnances Macron dans un arc intersyndical ou seul serait absente, à échelle nationale, la CFDT de Laurent Berger.

Pour Macron et son gouvernement, voir les deux principaux syndicats de cadres renforcer les rangs de la contestation contre les premières grandes réformes du quinquennat serait un coup dur. D’autant plus, après avoir vu l’un de ses principaux alliés, Jean-Claude Mailly, largement remis en cause par la base de Force Ouvrière. La perte de cet allié nécessaire pour imposer les réformes en cours et à venir, ajoutée aux « nouveaux contestataires » de la CFTC et de la CFE-CGC, rend d’autant plus important pour Macron de tourner la page des ordonnances et retrouver un cadre de « négociations » sur d’autres sujets. D’où la nécessité, pour notre camp social, de voir les organisations des travailleurs, et même des cadres, boycotter les rencontres voulues par l’Elysée le 12 octobre prochain.




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