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Politique

Révélations d’Amnesty International

La France a vendu des armes à l’Egypte en 2013 pour réprimer la population

Un nouveau rapport d’Amnesty International révèle l’importance des ventes d’armes de la France vers l’Égypte. Les produits vendus dans ces marchés très lucratifs pour les patrons des usines d’armement ont notamment été utilisés par l’Égypte pour réprimer sa population de 2013, comme le prouvent les images prises par l’ONG. De son côté, le Ministère de la Défense se défausse en disant que les armes n’étaient pas vendues pour les forces de répression mais pour l’armée.

Crédit photo : AFP

Le commerce d’arme est un des secteurs centraux du capitalisme français, 3ème exportateur mondiale sur la période 2013-2017. Le principal client de la France sur cette période est l’Égypte, dépassant même les fournisseurs historiques de l’armée égyptienne, les États-Unis et la Russie. Au cœur de ces marchés, il y a le matériel « lourd », il s’agit de camions, de navires de guerre ou encore des fameuses rafales. Le rapprochement entre les capitalistes français et l’armée égyptienne a véritablement changé de nature après 2013. Cette explosion des contrats d’armement à valu à Jean-Yves Le Drian une médaille de la part d’al-Sissi pour son rôle alors qu’il était ministre de la Défense sous François Hollande.

Théoriquement, ces équipements ont été vendu à l’armée et non à la police égyptienne. Mais voilà, les images de la répression qui a eu lieu en 2013 montrent que l’équipement français a été utilisé contre la population égyptienne. En particulier, des camions Renaud Trucks Defense ont été identifiés par les observateurs d’Amnesty International.

Afin de se donner bonne conscience vis-à-vis du commerce d’armes et de camoufler la réalité de l’utilisation de leur marchandise, un ensemble de mécanismes de contrôle est censé exister. En ce qui concerne l’Égypte, en raison de l’instabilité politique du pays et des nombreuses vagues de répression, la vente d’arme est censée être limitée, du moins à l’échelle de l’Union Européenne. Depuis 2014, théoriquement, les exportations d’armes sont donc suspendues vers l’Égypte pour les pays de l’UE. En réalité, une douzaine de pays, la France en tête, continue ses exportations.

De son côté, le Ministère de la Défense se défend d’enfreindre les traités internationaux et de participer à la répression. En effet, il se cache derrière le fait que le matériel vendu est réservé à l’armée. La réalité est que ces ventes d’armes sont d’un intérêt vital pour le maintien de l’impérialisme français. Sans ces ventes, le prix du matériel utilisé par l’armée française serait beaucoup plus élevé. La nécessité de maintenir une armée capable de défendre les intérêts économiques de la bourgeoisie française passe par les gros contrats d’armement. En effet, c’est grâce à ces contrats que les industriels peuvent faire des économies d’échelle et offrir aux meilleurs prix les moyens de tuer aux différentes armées.




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