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Politique

Que du bon pour la santé !

La chasse aux fainéants et aux immigrés : le programme du FN pour la Sécu

Macron et Le Pen ont tiré les leçons de la glissade à propos de la Sécu après la primaire. Du coup, ils promettent monts et merveilles. Mais des deux côtés, il faut bien rogner quelque part. De ce point de vue, Le Pen ressort l’arsenal classique : haro sur les fraudeurs et les immigrés.

« Trop de personnes renoncent aux soins pour des raisons financières ». C’est ce que reconnaissent tant Le Pen que Macron. Niveau santé, donc, les deux candidats au second tour marchent sur des œufs. Aucun ne veut se placer en porte-à-faux sur un dossier aussi sensible. On se cache donc derrière des questions techniques de financement.

Dans les deux cas, on lance des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. On dit que l’on va augmenter le nombre de médecins pour répondre au déserts médicaux, mieux rembourser les soins, à commencer par les soins dentaires, les lunettes et les prothèses dentaires. Macron s’engage même à ce que tout cela soit pris en charge à 100% à la fin de son quinquennat. Quand on sait ce que valent les promesses des ministres de Hollande en matière sociale…

Mais comme le « trou de la Sécu », généré par les patrons et le chômage (dont ils sont également responsables), est toujours au rendez-vous, les candidats font preuve de « responsabilité ». Pour Macron, toujours ami des travailleurs, il faut changer le mode de financement de la Sécu qui serait payée par la CSG, par prélèvement direct sur les salaires, donc.

Pour Le Pen, jamais en reste avec les idées réactionnaires tout juste ressorties du chapeau de son père, s’il y a un trou, c’est de la faute aux immigrés… et aux fainéants, à savoir ceux qui abusent des arrêts maladie. Ce qui reste de la médecine du travail le sait : trop d’arrêts tuent les arrêts…

Malgré son discours dé-diabolisé et pseudo-social, Le Pen revient donc à la charge avec ses grands classiques : arrêt de l’aide médicale d’Etat pour les étrangers en situation irrégulière, ce qui est considéré comme une aberration par l’ensemble du corps médical car cela mettrait en péril l’ensemble des questions de prévention et d’études épidémiologiques et augmenterait le risque santé pour tout le monde ; les immigrés, qui viennent « chez nous » pour se faire soigner, devraient attendre deux ans avant de se faire rembourser (c’est tout de même trois années de moins que Dupont-Aignan qui, à un moment, a pu envisager une attente de cinq ans pour « l’immigration médicale… ». L’histoire ne dit pas si cette mesure-phare a servi de tremplin à son ralliement) ; cerise sur le gâteau, il y aurait « trop d’arrêt non-justifiés et de complaisance », selon Le Pen. Il faut donc renforcer les contrôles : c’est l’une des clefs du programme anti-chômage de Le Pen : embaucher plus de médecins-flics comme il en existe dans les entreprises pour contrôler les salariés. Pas certain que cela soit suffisant pour résorber le chômage.

Une chose est sure, en revanche : quand elle tombe le masque, Le Pen sait donner le change à Macron, en termes de programme antisocial.




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