^

Notre classe

Sous-traitance

La grève se poursuit pour les travailleurs de Chronopost à Rungis

Les travailleurs de la société Délifresh entrent dans leur troisième semaine de grève. Suite au rachat par Chronopost les conditions de travail se détériorent, des suppressions de postes ont débuté, l’ensemble sous couvert de sous-traitance.

Délifresh est une société de livraison, qui approvisionne, entre autres, le marché de Rungis. Depuis son rachat en décembre dernier par Chronopost, les salariés sont plus qu’inquiets, le protocole d’accord signé avec l’ancienne direction a été renié par Chronopost, qui revient ainsi sur une augmentation de salaire et un allégement des chargements de camions.

Les postes basculent à la sous-traitance, ce qui certes augmente le nombre de travailleurs, mais avec des conditions beaucoup moins favorables. Pour l’instant, une dizaine de postes ont déjà été supprimés et une quarantaine créés. Les grévistes craignent surtout un passage total à la sous-traitance. Hakim Sébaoui délégué du personnel témoigne pour France Bleu Paris : « Quand Chronopost a racheté l’entreprise, tout était ficelé, le projet était prêt : c’était dégraisser les salariés pour ramener de la sous-traitance. Ils sont connus pour ça ». C’est à termes pour les 107 postes que les grévistes sont inquiets. La direction n’a pas réagit au mouvement de grève, ni sur les, risques de sous-traitances, ni sur l’annulation des accords.

Les travailleurs poursuivent donc le mouvement de grève, depuis le 5 mars dernier, à plus de 80 sur la centaine d’employés. Les grévistes sont obligés de dormir sur place pour conserver leur outil de travail, et bloquent également une partie des quais. Ils sont encore une trentaine aujourd’hui à tenir ce ‘piquet de grève permanent’. Cette méthode de protestation leur a de plus permis de mettre la lumière sur une pratique illégale de la direction, qui utilise des voitures non-réfrigérées pour transporter de la marchandise ! Une vidéo transmise à France bleu Paris montre clairement la méthode :

C’est un risque sanitaire grave que dénonce les grévistes avec cette rupture de la chaîne de froid que cautionne Chronopost.

C’est donc une grève contre la baisse constante des conditions de travail et pour le respect des règles sanitaires, en somme, contre les logiques de la sous-traitance qui conduisent toujours à ce type de situation. Ce type de grève se multiplie, notamment à la Poste (par le biais de Chronopost), qui, comme le soulignait Hakim Sébaoui est connu pour ça.

Crédits : AFP / Archives, Lionel Bonaventure




Mots-clés

La Poste   /    Notre classe