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Politique

Enfin !

La justice demande au Parlement européen la levée de l’immunité de Marine Le Pen

Mise en cause dans une affaire d’emplois fictifs, la candidate du Front National avait refusé de se présenter à son audition chez les juges, se protégeant derrière son immunité parlementaire. La justice française a décidé de demander la levée de celle-ci.

Marine Le Pen cherchait surtout à gagner du temps. Un maximum de temps. Pas question que sa campagne présidentielle soit entachée de trop de scandales : elle a vu les dégâts provoqués par le PenelopeGate et cherche à tout prix à se prémunir de telles séquelles, quitte à cracher sur la justice française, qu’elle dit « instrumentalisée » contre elle ; quitte à se cacher derrière son immunité parlementaire de députée européenne, profitant ainsi d’un système dont elle critique tant les « privilèges ». Elle a en grande partie réussi la manœuvre : après avoir refusé de se rendre chez les juges pour répondre aux questions de ceux-ci, comme avaient du le faire François Fillon et Penelope Fillon, elle n’a tout simplement plus qu’à attendre que l’affaire s’enterre.

Car si les juges d’instruction chargés du dossier ont bien adressé au Parlement européen une demande de levée de l’immunité de la députée, cette demande va être très longue et permet à Marine Le Pen de repousser l’affaire après les présidentielles, et après les législatives. En effet, l’examen de la demande prend plusieurs mois et doit faire l’objet d’un vote en séance plénière du Parlement. De plus, si le ou la député ne perd pas son siège, la levée d’immunité ne peut concerner qu’une affaire par demande. Une manière pour Marine Le Pen de botter en touche et d’attendre de moments plus propices, voire, dans l’éventualité où elle serait élue présidente, de repousser la procédure à après son mandat.

Marine Le Pen, malgré ses diatribes contre l’Union Européenne et son Parlement, semble cependant être plutôt heureuse d’y être élue et de profiter d’une immunité qui la protège elle ses camarades de parti. Car la fille de Jean-Marie n’est pas la seule à être visée par la procédure : Marie-Christine Boutonnet, elle aussi élue frontiste, a refusé de se rendre aux convocations de la police, sur les mêmes arguments. Seuls les personnes qui ont profités de ces emplois fictifs, à l’instar de Catherine Griset et de Charles Hourcade, ont été mis en examens, notamment pour « recel d’abus de confiance ». Au maximum, la président du FN, qui pourrait être poursuivie pour « abus de confiance », risque jusqu’à trois ans de prison, si l’affaire arrive jusqu’au tribunal. Une peine qu’elle ne risque cependant pas de purger de sitôt.

Le débat avec les onze candidats avait mis en lumières cette justice de classe, quand Philippe Poutou rappelait à Marine Le Pen, que les ouvriers, quand ils étaient poursuivis par la justice, n’avaient pas « d’immunité ouvrière ». En effet, dans les mois qui ont suivi le mouvement contre la loi travail, ce sont près de 2200 militants syndicaux ou politiques qui ont été poursuivis pour divers motifs, faits de grèves et de manifestation. Une justice à deux vitesses donc, qui laisse se présenter à la présidentielles des candidats qui ont tout simplement volé des centaines de millier voir des millions d’euros au contribuable.




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