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Jeunesse

Le gouvernement veut des facs d’élite

La ministre de l’enseignement supérieur annonce la fin de la plateforme APB pour 2018

La ministre de l'enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé la fin de la plateforme d'inscription APB pour la rentrée 2018. Mettre en place une sélection accrue à l'université : tel est le dessein du nouveau gouvernement.

Crédits : AFP/ ERIC FEFERBERG

En finir avec le système actuel pour mettre en place une « sélection sur mesure »

Sélection par pré-requis, coupes budgétaires à hauteur de 331 millions d’euros, fin de la plateforme APB telle qu’elle existe… Quelles sont les intentions du gouvernement ? Les mêmes que celles des gouvernements précédents : alors que de plus en plus d’étudiants arrivent à l’université (40 000 de plus en 2017), l’exécutif aimerait en limiter l’accès. Où iront ceux qui n’ont pas les « compétences requises » c’est-à-dire les étudiants les plus pauvres, issus de familles précaires ou des quartiers populaires ? Ils iront, selon les vœux des classes dirigeantes, chercher des formations peu qualifiantes, entreront sur un marché du travail où se multiplient les emplois précaires et sous-payés, ou encore, iront pointer au Pôle Emploi.

Cette année, comme tous les ans, voire pire, la rentrée universitaire est un fiasco. Face aux 6 000 bacheliers qui n’ont toujours pas d’affectation, aux milliers d’autres qui ont été exclus et aux dizaines de milliers de jeunes qui commenceront leur année dans une filière qu’ils n’ont pas choisie, le gouvernement n’a pas tardé à faire des déclarations et commencé à avancer des pions sur son projet de réforme de l’éducation.

Ainsi, la ministre de l’enseignement et de la recherche, en totale harmonie avec le président, dénonce depuis plusieurs semaines un « système à bout de souffle » qu’il faut totalement réinventer. Sa solution ? En finir avec le système du tirage au sort, le traitement de masse, qui serait « la vraie cause de l’échec ».

Pourtant il semblerait que la vraie cause de l’échec soit à chercher ailleurs. Pourquoi ne pas parler plutôt d’un système scolaire qui privilégie ceux qui ont les moyens financiers et culturels de poursuivre des études et laisse les autres sur le carreau ? De la baisse du budget alloué aux universités année après année ? Des conditions d’études et de vie des étudiants qui se dégradent ?

Ni tirage au sort, ni sélection

La mise en place du système APB il y a neuf ans était déjà la création d’une sélection qui ne dit pas son nom. Aujourd’hui, l’intention de légaliser la sélection est claire : sélection dès la première année de licence, suppression de filières, processus de fusion pour privatiser les universités, promotions plus réduites, etc. Et, à l’origine de ce projet, il n’y a pas que Frédérique Vidal ni même Macron mais l’ensemble de la caste politique qui cherche à faire passer contre réforme sur contre réforme depuis des dizaines d’année.

Il est nécessaire de se mobiliser contre le système de tirage au sort, contre la sélection, pour une université ouverte à tous et toutes, fermée aux intérêts privés qui chassent les étudiants les plus précaires des lieux d’études. Les étudiants, les lycéens et les jeunes travailleurs sont méprisés par la classe politique et les médias dominants, qui les accusent d’être des « feignants », de faire les « difficiles » parce qu’ils refuseraient de se « passer » de cinq euros par mois, d’accepter n’importe quel job à n’importe quelles conditions. Alors que la rentrée approche, c’est l’ensemble des étudiants, des lycéens, des jeunes travailleurs, qui doivent s’unir pour refuser qu’on ne leur marche sur la tête.