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Europe-forteresse

La politique migratoire européenne ? Toujours plus de mort.e.s et de disparu.e.s

Publié le 30 mai 2016

Cette semaine, la marine italienne a secouru près de 10 000 migrants embarqués sur des bateaux de fortune, prêts à sombrer dans la Méditerranée. Malgré ces 10 000 vies sauvées pour un temps, attendant une autre misère, de très nombreux migrants ont péri noyés : le bilan, très incertain, est d’au moins 700 morts selon le HCR (Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU).

Arthur Nicola

Comme le souligne Libération, ce nombre très élevé de victimes n’est malheureusement qu’un pic statistique : près de 46 700 migrants sont arrivés en Europe entre début janvier et fin mai, contre 47 400 en 2015 à la même époque. En termes de morts, c’est 1700 contre 1782 l’an dernier : la situation n’a donc pas changé. Pour empêcher les migrants de rentrer dans la forteresse Europe, l’Italie, les forces de Frontex et de l’opération Sophia ont dû, ce vendredi, coordonner près de 17 opérations de sauvetage pour ne pas avoir à graver plus de noms sur les tombes de leur « Mare Nostrum ». Comble de l’ironie, les forces européennes étatiques ne suffisent plus à sauver ces exilés : il faut des ONG comme Médecins Sans Frontières avec son navire Dignity One ou encore le Migrant Off Shore Aid Station (MOAS) pour permettre à ces hommes et femmes qui fuient la misère d’espérer survivre à la traversée.

Cette politique, qui consiste à fermer de plus en plus les portes de l’Europe ne fait qu’aggraver la crise humanitaire. Alors que le « corridor des Balkans » est de plus en plus verrouillé par la collaboration assassine de l’Union européenne et de la Turquie d’Erdogan, les noyés continuent de s’échouer sur les plages, venant de plus en plus loin : nombreuses sont les embarcations qui partent d’Égypte en espérant faire sans encombre la semaine de traversée. La fermeture des frontières et les sauvetages en mer rendus nécessaires par l’accumulation de corps amènent les passeurs à compter systématiquement sur le secours des autorités : si la marine italienne n’arrive pas, vous mourrez. Telle est la conséquence de la politique migratoire de Merkel et Hollande.