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Notre classe

SNCF : retrait du pacte ferroviaire !

La réforme votée, quel sens a la poursuite de la grève ?

« La réforme est votée. Quel sens a de poursuivre la grève ? ». Ce sont des propos tenus par la ministre du transport, Élisabeth Borne, après la réunion de la commission mixte paritaire, qui a accouché lundi d’une version commune du projet de contre-réforme de la SNCF. Prochaines échéances législatives : l’Assemblée nationale mercredi, puis le Sénat jeudi. Même si la loi peut être approuvée, le plus dur pour ce gouvernement des riches reste encore à venir : sera-t-il capable de l’appliquer ?

Photo : O Phil des Contrastes.

Ce lundi, les députés et les sénateurs ont finalement approuvé par 12 voix sur 14, en commission mixte paritaire, une version commune du projet de loi de réforme de la SNCF, qui ouvre la voie à son adoption définitive cette semaine.

Pendant que des dirigeants syndicaux se préparent à négocier la convention collective et les accords d’entreprise, les cheminots de l’inter-gare sont décidés à continuer la lutte pour le retrait pur et simple du pacte ferroviaire. Ils sont conscients que cette lutte va bien au-delà de la réforme du rail. La défense de services publiques et leur amélioration s’inscrit dans une lutte contre un modèle de société basé sur la concurrence, la sélection, la méritocratie, l’exclusion… le modèle néolibéral dont rêve Macron.

Les représentants gouvernementaux se relaient pour affirmer qu’après la votation du texte, il n’y aura rien d’autre à faire que d’accepter la contre-réforme, donc d’arrêter la grève. Apparemment ces personnes n’ont pas retenu la leçon : une loi, même votée et validée, peut être retirée par la force de la mobilisation.

C’est ce qui s’est passé pas si loin que ça en 2006. Face au processus de lutte contre le Contrat Premier Embauche qui s’exprimait par de manifestations, grèves, assemblées générales, etc., le premier ministre Dominique de Villepin se voit alors obligé d’annoncer que « les conditions ne sont pas réunies » pour que le CPE s’applique. Deux mois après son adoption par le Parlement et dix jours après la validation de la loi par le Conseil constitutionnel, la loi est retirée… Voilà le sens de poursuivre la grève, Madame la ministre !




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