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Politique

Cadeau empoisonné

Le FN du côté des cheminots ? Le Pen et Aliot en croisade contre la « gréviculture »

Les médias ont sauté sur l'occasion. Le Front National apporte son « soutien » aux cheminots pour un service public du rail… tout en criminalisant leur moyen d’action, la grève. Ou comment dire tout et son contraire en quelques paragraphes pour essayer un coup politique alors que le parti est en crise.

Dans un communiqué, publié ce 3 avril, le Front National a annoncé partager « la volonté des cheminots de maintenir le statut de la SNCF, service public, avec l’ambition d’en faire un outil plus efficace, mieux géré, modernisé ». Pourtant, chassez le naturel, il revient au galop ! C’est ainsi que dans la suite du communiqué, le FN se dit « réservée sur la grève « par intermittence » utilisée par les syndicats, dont les répercussions pour les usagers sont d’ores et déjà très lourdes ».
 
Un appel à la grève reconductible ? Evidemment, non. Le FN s’inscrit au contraire en plein dans le « cheminots bashing », en affirmant que « plutôt que de faire subir de lourdes nuisances aux usagers, les cheminots devraient s’attaquer aux vrais coupables : la commission européenne, ainsi que l’ensemble de la classe politique, qui ont voté l’ouverture à la concurrence du rail ». Ou la version à la sauce de l’extrême droite de la « prise d’otage par la grève » que villipande les médias dominants à longueur de journée.
 
Comme pour lever tout quiproquo possible, le député FN Louis Aliot est allé un peu plus loin. En dénonçant la « gréviculture », Aliot se rattache à un classique de l’extrême droite : l’attaque des outils de lutte des travailleurs que sont les syndicats,
 

 
Le « soutien » des plus opportunistes du FN est certes une réaffirmation que pour le FN, le mouvement ouvrier et ses méthodes de lutte sont son principal ennemi, mais est aussi révélateur de la volonté du FN de surfer sur la colère sociale qu’est en train de cristalliser le mouvement des cheminots. Mais comme toujours, dans le jeu du bon et du mauvais policier, il y a toujours la position qui contre-balance, celle de Aliot, qui comme Le Pen, cherche avant tout à faire rentrer les cheminots au travail et, parallèlement, a coupé les potentielles convergences avec les usagers, la jeunesse et plus largement l’ensemble du monde du travail. 
 
 Evidemment, le FN cherche, par une pirouette grotesque, a ramener le débat sur la question de l’Union Européenne. S’il est sûr que les différentes bourgeoisies d’Europe voient d’un bon œil la privatisation du rail hexagonal, l’objectif de Macron avec cette contre-réforme ferroviaire, est de rattraper le retard face à ses concurrents européens, de sorte que c’est au service de la bourgeoisie hexagonale que Macron vise à défaire l’un des secteurs stratégiques du mouvement ouvrier, pour passer la suite de ses réformes, comme celle des retraites notamment. En cherchant à priver les cheminots de l’arme de la grève et du soutien indispensable des autres secteurs du monde du travail et de la jeunesse, le FN est bien à sa place : A l’offensive contre les intérêts des travailleurs et des classes populaires.




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