^

Politique

Information Le Parisien

Le Parisien soutient que Valls appelle à soutenir Macron. L’ancien premier ministre dément

Les gages donnés par Benoît Hamon à l’aile droite du PS n’auront pas suffi. Alors que le vainqueur de la primaire du PS compte présenter son programme remanié à droite ce jeudi, le journal Le Parisien a annoncé que Manuel Valls prendrait prochainement la parole pour appeler les électeurs à soutenir dès le premier tour son ancien rival Emmanuel Macron. Manuel Valls a démenti l’information. Damien Bernard

Hier soir Le Parisien soutenait que Manuel Valls s’apprêtait à prendre la parole pour appeler les électeurs à soutenir son ancien rival Emmanuel Macron, et ce dès le premier tour. « On va appeler à voter Macron », affirmerait l’un des très proches de Manuel Valls. « Il parlera avant le 23 avril » préciserait même un ex-pilier de sa campagne. Le Parisien affirmait que dès mardi soir, pour « amorcer ce soutien » et « tracer le chemin », l’ancien premier ministre pourrait annoncer son soutien à Emanuel Macron devant ses fidèles conviés salle Colbert à l’Assemblée.

Seulement, peu après la parution de l’information dans Le Parisien, Manuel Valls a fermement nié auprès de BFMTV avoir l’intention d’appeler à voter pour Emmanuel Macron. Quelques minutes avant le démenti de l’ancien Premier ministre, Carlos Da Silva, un des plus proches de Manuel Valls dont il fut le suppléant à l’Assemblée nationale en tant que député élu dans l’Essonne, avait déjà infirmé l’idée d’un soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron via un tweet majuscule. "CECI EST FAUX", a-t-il ainsi lancé.

Mais, le démenti de l’ancien premier ministre pourrait être dû à une question de timing idéal en vue de l’annonce. Selon Le Parisien, cette question n’est pas tranchée. Valls doit-il parler vite ou autour du 23 avril ? « Ce n’est pas tranché, on discute beaucoup », indique l’un. Ainsi, certains seraient soucieux de ne pas être accusés de poignarder Hamon. Un secteur de ses soutiens le presse d’attendre que le candidat du PS ait tenu son grand meeting parisien dimanche à Bercy. Mais d’autres lui conseillent de hâter le pas, tant l’heure est grave tandis que certains lui conseillent de parler le premier.

Toujours selonLe Parisien, d’après des vallsistes, l’appel de Valls à soutenir Macron ne serait pas ce qu’on appelle un ralliement, d’autant que les deux protagonistes ne l’auraient pas acté ensemble. Mais un appel à un soutien de Macron pourrait peser très lourd à seulement 39 jours du premier tour de la présidentielle. Ainsi, il pourrait donner un coup de grâce à un Benoît Hamon dont la campagne patine tout en amplifiant la dynamique d’Emmanuel Macron, dont l’objectif est de se placer comme l’adversaire le plus à même de battre Marine Le Pen au second tour.

Pour Manuel Valls, l’opération viserait, loin de se diluer dans le mouvement de Macron, à se poser comme « l’homme d’Etat » responsable qui fait face à la montée du FN. « C’est un choix de ligne politique, pas de personne », précise un ministre. De la sorte, il se placerait aussi comme le « faiseur de roi », une idée que ses proches voudraient imposer. Une opération qui au-delà de la présidentielle, viserait à prendre la tête d’un « pôle réformiste », dont il a déjà tracé les grandes lignes en accusant Hamon de représenter une « gauche radicalisée » qui se serait enfermé dans une « impasse stratégique ».

Quoique qu’il en soit, sur fond de pasokisation du PS, la pression du « vote utile » pourrait bien accélérer les futures recompositions au sein de la « gauche ». Un appel au vote de Valls pourrait déclencher en chaîne les soutiens de l’aile droite du PS, dont certains comme Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, ne cachent plus qu’il s’apprête à rallier Macron. Ce serait un très sérieux coup dur pour Benoît Hamon, qui se voulait comme l’unique rassembleur au sein de la gauche, tout en appuyant la polarisation vers l’extrême-centre Macron. Un retournement,nouvelle expression de la crise organique.




Mots-clés

Présidentielles 2017   /    Manuel Valls   /    Emmanuel Macron   /    Politique