^

Politique

Crise au FN

Le Pen contre Le Pen : quand le père est en procès contre la fille.

La suspension de Jean-Marie en mai 2015, suivie de son exclusion en août de la même année, fait l'objet d'un roman-feuilleton où père et fille se déchirent par avocats interposés. Entre Jean-Marie Le Pen qui incarne la vieille garde et le canal historique du FN et Marine Le Pen qui a tout misé sur la « dédiabolisation », le torchon brûle depuis des mois. Ce lundi se tenait à Versailles un procès pour faire appel de l'exclusion du fondateur du FN de son propre parti.

« J’ai l’habitude des tempêtes », affirme Jean-Marie Le Pen à propos de ce cinquième procès en appel contre le parti qu’il a pourtant fondé et dirigé pendant 38 ans. En cause ? son exclusion du parti et sa relégation au rang honorifique mais inutile de président d’honneur du parti d’extrême-droite par sa propre fille. Une trahison qui ne passe décidément pas.

Suite à plusieurs provocation retentissantes, qui constituent sa marque de fabrique depuis ses débuts, à propos de la haute considération qu’il avait pour le Maréchal Pétain et suite des propos négationnistes sur les chambres à gaz, Le Pen père avait été suspendu de ses fonctions dans le FN. Son exclusion, trois mois plus tard, suivait cette logique de dédiabolisation que Marine Le Pen a mis au centre de son discours.

Après avoir essayé par tous les moyens de revenir dans le giron du parti qui allait se hisser au second tour de la présidentielle de 2017 pour la deuxième fois depuis sa fondation, Jean-Marie Le Pen semble avoir abandonné l’idée de lancer un mouvement concurrent ou ses comités « Jeanne, au secours ! » pour faire pression sur l’appareil du FN.

Il privilégie donc la voie juridique, voie qui a déjà payé puisque sa suspension a été annulée par la justice ainsi que les congrès par correspondance visant à supprimer le poste de président d’honneur. Mais la réintégration n’est pas encore gagnée et si elle venait à avoir lieu, elle risquerait de ne pas se faire dans la bonne humeur tant les invectives sont lourdes des deux côtés de la plaidoirie. L’avocat de Jean-Marie Le Pen parle d’« assassinat politique », d’« exécution politique (…) avec préméditation », de « complot ourdi de longue date » ou encore d’un « système de purges staliniennes ». À cela, le « parti voyou » répond qu’il ne veut plus d’un « clown » triste comme Jean-Marie Le Pen. Me Sauveur, avocat du parti d’extrême-droite, prononce même un verdict implacable contre le patriarche : « Il y a des marques honorifiques, et il y a des marques dont on se passerait bien. Un peu salissantes, qui évoquent des faits sombres. Des marques dont on s’éloigne ».

À l’heure actuelle, la justice n’a pas encore statué sur l’exclusion de Jean-Marie Le Pen. Elle rendra son verdict le 9 février prochain. En attendant, Le Pen père compte bien s’inviter dans le congrès de refondation du FN qui se tiendra à Lille en mars prochain que Marine Le Pen a lancé suite à sa défaite à la présidentielle de mai dernier. « Si on ne m’invite pas, j’irai quand même », tonne le fondateur du Front national qui continue de hanter un parti qui n’a pas fondamentalement changé mais qui cherche une respectabilité qui lui permettrait de gagner les élections un jour.

Crédits photo : wordpress




Mots-clés

Jean-Marie Le Pen   /    Marine Le Pen   /    FN   /    Politique