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Le brexit dans l’impasse

A quelques heures du sommet crucial de ce 18 octobre à Bruxelles, l’absence d’accord sur le Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne est déjà un constat des deux parties. Theresa May peine à unifier les deux ailes du parti conservateur divisé et les voix demandant un second referendum ainsi que la destitution de la Première ministre se multiplient.

En fin de semaine dernière, le Financial Times avait annoncé que Theresa May avait réuni son cabinet pour l’informer qu’un accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne serait imminent. La perspective d’un accord et d’une sortie de crise pour le gouvernement britannique fortement divisé semblait donc possible. Pourtant, ce dimanche, les négociations tombaient encore une fois dans l’impasse suite à la visite à Bruxelles de Dominic Raab, le ministre du Brexit.

À deux jours de ce sommet crucial à Bruxelles, et après l’échec de celui de Salzburg en septembre, le président du Conseil Européen, Donald Tusk, révélait déjà que l’absence d’accord entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne était « plus probable que jamais », ce qui obligerait à reporter les négociations à novembre ou décembre, la date limite pour valider un accord avant la sortie officielle du Royaume-Uni de l’Union Européenne le 29 mars 2019. Face à cette perspective la Première ministre britannique affirmait ce mardi devant la Chambre des Communes que la sortie sans accord du Royaume-Uni n’était pas souhaitable.

En effet, la perspective d’un brexit « dur » ou sans négociation se heurte à l’aile majoritaire du parti conservateur favorable au brexit « doux » et aux secteurs économiques fortement imbriqués dans l’économie de la zone euro, notamment le secteur financier et celui de l’industrie de l’automobile, qui prévoient un fort ralentissement de leur activité en cas de rupture dure avec Bruxelles. Autant les grosses banques que les fabricants d’automobiles ont déjà annoncé le départ de leurs sièges vers l’Union Européenne comme moyen de pression sur le gouvernement.

Ces secteurs partisans du brexit « doux » cherchent à maintenir un accord de libre échange pour les marchandises et à rétablir l’indépendance du Royaume-Uni vis-à-vis de la législation commune, notamment par rapport à l’environnement, l’agriculture et l’industrie, mais aussi par rapport à la possibilité de négocier avec d’autres puissances comme les Etats-Unis, et ce indépendamment du reste de l’Union Européenne. Pourtant Bruxelles, qui accuse le gouvernement de May de sélectionner uniquement ce qui l’arrange et de rejeter tout ce qui ni l’intéresse pas, ne compte pas laisser Londres sortir vainqueur. Pour l’Union Européenne il s’agit au contraire de faire une démonstration de force qui puisse dissuader le reste de membres qui comme l’italien Matteo Salvini remettent en cause les traités européens.

Face à cet écueil où d’un côté les partisans du brexit « dur » se heurtent au secteur du patronat européiste et de l’autre côté, les partisans du brexit « doux », se heurtent à une Union Européenne qui ne veut pas transiger face au Royaume-Uni mais en faire un exemple, le parti conservateur se divise et les voix demandant un second referendum ainsi que la destitution de la Première ministre britannique se multiplient. Dans cet scénario l’échec du sommet qui aura lieu ce soir pourrait être un point d’inflexion dans la crise qui traverse le gouvernement de Theresa May.

Crédits : Simon Dawson




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