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Politique

La FI en difficulté

Législatives partielles à Evry : défaite de Farida Amrani de la France Insoumise

Après la démission de Manuel Valls, c'est Francis Chouat, bras droit historique de Valls, soutenu par la République En marche, qui a brigué le poste de député de la première circonscription de l'Essonne ce dimanche dernier, face à la candidate de la France Insoumise, Farida Amrani. Une défaite importante pour la LFI, d'autant plus dans le contexte social explosif actuel avec la mobilisation des Gilets-jaunes.

L’élection législative partielle s’est déroulée dans la circonscription d’Evry ces dernières semaines, suite à la démission de Manuel Valls, s’inscrit dans un contexte politique et social bouillonnant, marqué par la mobilisation des Gilets Jaunes. Ou encore dans un contexte très défavorable au gouvernement. Farida la France Insoumise s’est retrouvée face un adversaire soutenu et appuyé par La République en marche au second tour.

Si le PS et EELV ont refusé de soutenir Farida Amrani entre les deux tours, le PC, Ensemble et Génération.s se sont rangés derrière Farida Amrani formant un rassemblement partiel de la gauche.Pourtant, la défaite a été importante. Si seulement 139 voix avaient séparé Manuel Valls et Farida Amrani en 2017, cette fois l’écart est bien plus conséquent et Francis Chouat brigue le poste de député avec 59,1% des voix contre 40,9% des voix pour Farida Amrani. Avec un taux d’abstention, autour des 82%, très élevé, témoignant dans ce cas-ci de l’incapacité de la FI à apparaître comme une perspective politique à la colère sociale palpable.

Farida Amrani avait évoqué lors du premier tour l’importance politique et symbolique d’une victoire de la LFI à ces élections législatives : «  Notre circonscription sera scrutée au niveau national. On peut lancer un signal important qui donnera le la ». La LFI avait dés lors mis toutes ses forces dans cette bataille. Jean-Luc Mélenchon, tout comme une dizaine d’autres députés Insoumis ces dernières semaines, s’était rendu lui même, à l’occasion d’un meeting organisé lors du premier tour, sur place, pour soutenir sa candidate.

La cause de la défaite selon Mélenchon : cette union de la gauche aurait fait basculer la catégorie « peuple », mobilisatrice selon lui, à celle de la « gauche rassemblée », avec ses partis traditionnels et leurs trahisons, qui est de ce fait néfaste et perdante : « Au premier tour sans « gauche rassemblée » nous faisons le même pourcentage qu’en Juin 2017. Au second tour avec la « gauche rassemblée » nous faisons moins qu’au second tour de 2017. Cela mérite réflexion. Selon moi, face aux six maires de droite et leurs clientèles on ne peut convaincre sans se faire l’expression du sentiment dégagiste qui cherche son chemin dans le pays ».

Des explications qui balayent les difficultés rencontrées actuellement par la France Insoumise. Ces élections ne sont que partielles et locales et ne permettent évidemment pas de tirer des conclusions politiques définitives. Cependant, cette défaite électorale exprime tout de même la dynamique plus générale de la FI dans le contexte actuel et les difficultés qu’elle rencontre notamment suite à l’affaire des frais de campagne et à l’offensive médiatique qui s’en est suivi, et dans un contexte pré élections européennes, ces élections législatives apparaissaient comme un test (raté) pour la France Insoumise.

Crédits Photo : DR




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