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Politique

Nouveau scandale à droite

Les sénateurs ont détourné près de 5 millions d’euros des caisses du Sénat

Une enquête du journal Médiapart a révélé, le 15 septembre dernier, qu’une association « fantoche » a détourné des fonds publics vers les comptes bancaires de plusieurs sénateurs de l’UMP. Des comptes personnels, bien évidement... Selon le site d’information, la justice enquête sur des possibles faits de « détournement de fonds publiques », « d’abus de confiance » et de « blanchiment d’argent ». Crédit Photo : (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

L’affaire place dans le collimateur plusieurs sénateurs de grande envergure de la droite. Selon les nouvelles révélations de Médiapart, « les sénateurs bénéficiaires se comptent désormais par dizaines. Les chèques prodigués par milliers. Les fonds détournés alimentaient une caisse de solidarité cachée, permettant d’offrir des primes de départ à certains sénateurs à l’heure de la quille ».

Toujours selon le media, une partie des millions d’euros données par le Sénat à l’UMP pour financer des travaux parlementaires « a fuité sur les comptes personnels des sénateurs de l’UMP, à travers une association-écran nommée l’Union républicaine du Sénat (URS). Les sommes auraient été « redistribuées à certains membres sous forme de chèques ou d’espèces, sans aucune contrepartie connue ».

Les sénateurs bénéficient d’une enveloppe « mise à leur disposition par le Sénat pour salarier des assistants ». Une enveloppe de 7600 euros mensuels, dont le surplus est sensé rester dans les caisses de l’Etat. « Certains sénateurs qui fournissent des crédits d’assistants au groupe, récupèrent un tiers de la somme pour eux-mêmes, et ainsi de suite », un système « gagnant-gagnant ». Ce système appelé « de ristourne » leur aurait permis d’encaisser des chèques de plusieurs millier d’euros chaque trimestre.

Des poids lourds comme le maire de Marseille (Bouche de Rhône), Jean-Claude Gaudin, qui aurait « encaissé 24000 euros en six chèques », le maire de Toulon (Var) Hubert Falco qui aurait touché la somme de « 12400 euros », René Garrec, membre du comité de déontologie parlementaire qui aurait touché « 12000 euros en trois chèques ». D’autres figurent sur la liste comme Bruno Retailleau, sénateur de Vendée depuis 2004 ou deux élus de l’ex UMP dans le Pays de la Loire, André Trillard, sénateur depuis 2001 et Roland du Luart ex-sénateur de la Sarthe.

Malgré les tentatives de la droite sénatoriale pour détourner l’attention et empêcher la suite de l’investigation, à travers toutes les manœuvres judiciaires possibles (l’enquête avait déjà été suspendue préalablement à la demande de la défense), l’affaire prend de l’ampleur. Les pratiques auraient été pérennisées par les sénateurs. Selon Médiapart : « sur douze ans le volume de crédits d’assistants, divertis de leur vocation initiale se situe probablement à plus de cinq millions d’euros  ». Dès la création de l’UMP en 2002 le système « de ristourne » s’est mis en place, pour y rester. Mais il n’y a pas que les élus UMP qui sont mis en examen. Le journal précise « Sur les sept sénateurs mis en examen à ce stade pour détournement de fonds publics et ou recel, les deux derniers viennent ainsi du RPR, Pierre Martin et Bruno Sido ». Isabelle Debré, figure Gaulliste, a été convoquée par les juges il y a quelques semaines. Désormais toute la famille de la droite se trouve réunie sur le banc des accusés, belle image de famille…

Les sénateurs de droite qui ont touché des chèques de l’URS vont être auditionnés d’ici quelques semaines par les juges René Cros et Emmanuelle Legrand. Mis à part le déroulement de l’enquête, acquittement ou inculpation, un problème de fond se pose, celui de la corruption systématique de sénateurs, parlementaires, élus, et d’autres attachés à des postes du haut fonctionnariat ou des partisans des courant politiques à la solde de la banque et des industriels. Les années passent, les affaires aussi ! Certains démissionnent et se recyclent dans des nouveaux postes, d’autres font profil bas pour se régénérer dans le cadre d’une nouvelle reconfiguration politique. Depuis l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, jusqu’à l’affaire Bygmalion, en passant par l’affaire Woerth-Bettencourt et les emplois fictifs du camps Fillon, ce sont des centaines, voire des milliers d’accusation, affaires et investigations, qui rarement se soldent par une vraie condamnation des accusés, grâce à l’immunité parlementaire. Dernièrement, même le nouveau mouvement En Marche, le soi-disant « moralisateur de la vie politique » a été éclaboussé. Leurs poches vont continuer de se remplir avec l’argent économisé par les coupes budgétaires dans la santé, l’éducation et la culture. Le gouvernement nous traite de « fainéants », tandis que la droite vole sans complexes dans les caisses de l’État, tout en baissant les APL et en précarisant les contrats de travail. Ils n’ont pas honte !




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