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Politique

Des "rumeurs" vraiment ?

Lille : Poursuivis par la BAC selon de nombreux témoins, deux jeunes sont morts percutés par un TER

Ce vendredi 15 Décembre à Fives, proche de Lille, poursuivi par la BAC selon de nombreux témoignages de personnes du quartier, quatre jeunes hommes ont traversé la voie ferrée et ont été percutés par un TER. Un rassemblement se tiendra ce soir à 20h45 en hommage aux victimes Place de Fives.

Les événements tragiques se sont déroulés vendredi soir à Fives non loin de Lille. Sur les quatre jeunes percutés par le train, deux sont décédés à l’hôpital des suites de leurs blessures samedi soir et ce lundi midi. Les deux autres s’en sont heureusement sortis.

Si l’on devait en croire de nombreux médias, l’histoire aurait pu s’arrêter là et il n’aurait pu s’agir que d’un malheureux accident, pourtant les faits sont bien plus flous qu’il n’y parait. La presse et les médias dominants s’accordent en effet tous à dire que les quatre jeunes se sont aventurés sur la voie ferrée pour « prendre un raccourci », une version des faits pour le moins surprenante quand on sait qu’il n’y a pas de passage à niveau et qu’il faut escalader un grillage pour accéder à la voie.

Alors qu’est ce qui a bien pu pousser ces jeunes hommes à traverser les rails ? Des témoignages de personnes vivant dans le quartier où s’est déroulé l’incident et ayant assisté à la scène (qualifiés de « rumeurs » par La Voix du Nord) ont été relayé par la page Facebook Lille Insurgée.

Ces témoignages révèlent que les quatre hommes étaient en réalité poursuivis par la BAC et n’ont eu dans leur fuite pas d’autre choix que de traverser la voie ferrée. L’absence totale de mention de cette version des faits dans la presse est symptomatique de l’omerta générale quant aux affaires de violences et d’abus policiers. En outre, sous les publications de Lille Insurgée relatives à cette affaire, on peut lire en commentaires des réflexions comme « Pourquoi ils étaient poursuivis par la BAC ? », « Pourquoi ont-ils fuis ? » ou encore « S’ils avaient pas fui et avaient assumé la quelconque connerie qu’ils avaient faite, il ne se serait pas fait percuter, on va pas reprocher à la BAC de faire son travail. ». En claire, la rengaine habituelle pour justifier les nombreux morts tués par la police.

En réaction, les jeunes se sont révoltés pour exiger justice et vérité pour Selom, écrasé par un TER lors d’une course poursuite avec la police, celle qui étouffe le quartier depuis des mois.

Pourtant, l’on sait que chaque année des dizaines jeunes sont agressés, violés, mutilés ou tués par les forces de l’ordre, que la police mène aujourd’hui une véritable « chasse aux jeunes » dans les quartiers et que récemment en l’espace d’une semaine 3 jeunes sont décédés lors d’interpellation, après tout cela, peut-on encore se demander pourquoi ces quatre jeunes ont fuis la police ? L’histoire des violences policières ne cesse de se répéter et cette affaire ressemble à l’affaire Zyed et Bouna et à bien d’autres cas de jeunes tués en tentant d’échapper à la police. A chaque fois, on reproche aux morts d’avoir fui et l’on condamne ceux qui laissent leur colère s’exprimer face à l’injustice d’état et aux yeux de la justice. Il s’agit de mieux mettre en exergue une voiture brûlée pour justifier la chasse aux jeunes des quartiers populaires et n’importe quelles violences policières, qui vont jusqu’à la mort, comme pour Adama.




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Violences policières   /    Politique