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Politique

1er round des concertations

Loi Travail 2 : face à l’omerta gouvernementale, seule la CGT appelle à la mobilisation… sans fixer de date !

Le round des négociations entre le ministère du travail et les partenaires sociaux a débuté ce lundi 12 juin et devrait se poursuivre jusqu’au 21 juillet. A l’agenda de ces premières semaines, la négociation sur l’ouverture des accords d’entreprises et très probablement, sur les clauses de licenciements que le gouvernement souhaite élargir. La CGT, reçu mardi matin dans les bureaux de Murielle Pénicaud est pour l’instant la seule à véritablement dénoncer le projet et appelle ses troupes à se mobiliser « la semaine du 19 juin ». Crédit Photo : Jeanne Menjoulet

Les rendez-vous de concertation se sont poursuivis ce mardi, dans une quasi-omerta concernant le contenu précis du projet gouvernemental. Hier c’étaient la CFTC, FO et le MEDEF qui étaient reçus dans les bureaux du ministère du travail. Aujourd’hui ce fut le tour de Philippe Martinez pour la CGT. Cette série de rencontres devraient se poursuivre, selon le calendrier jusqu’au 21 juillet, avec comme principaux thèmes, la question des accords d’entreprises, la question de la formation puis celle du plafonnement des indemnités prud’homales.
Il est difficile depuis ce lundi d’obtenir des informations précises et claires sur les points que le gouvernement souhaite remettre en cause. Ce que l’on sait, c’est que le gouvernement, tout comme le patronat, souhaite avancer le champ de la dérogation des accords de branche aux profits des accords d’entreprise, notamment dans le cadre du contrat de travail. Il serait ainsi possible d’inscrire dans le contrat de travail des salariés d’une entreprise des clauses concernant uniquement l’entreprise en question. Pour la question du temps de travail, la loi El Khomri avait déjà introduit une dérogation à l’accord de branche. Ici il s’agirait d’élargir ces dérogations à d’autres clauses du contrat sans que ces clauses n’aient encore été précisées. De plus, et selon les dernières informations divulguées à demi-mot par le premier ministre, il s’agirait également de permettre de négocier au niveau de l’entreprise les clauses de licenciements…. Mesure qui mettrait purement et simplement fin au CDI en permettant à l’entreprise de licencier plus facilement. Et cela, alors même que le premier ministre a assuré que « le CDI est le contrat de droit commun, c’est la norme » et qu’il n’avait pas « vocation à être discuté dans l’entreprise ».
Décidément le gouvernement manie à merveille l’art de ne rien dire et ce sont les confédérations syndicales qui se laissent mener à la baguette. Seule la CGT, la plus encline à contester la loi Travail, est sortie sur la défensive de la concertation de ce mardi 13 juin. Dans un communiqué, elle dénonce la « pseudo-démocratie » et « l’alibi d’un pseudo dialogue social » et en appelle à des journées d’actions lors de la 3ème semaine de juin. Pourtant, elle se garde d’appeler à une date de mobilisation précise et à la grève se contentant d’appeler « ses organisations à se déployer partout sur tous les lieux de travail afin de débattre avec les salariés, d’élaborer avec eux leurs cahiers revendicatifs, de faire de la 3ème semaine du mois du juin des temps forts d’initiatives et de mobilisations, de profiter de l’été pour aller à la rencontre des saisonniers , des salariés lors des festivals, du Tour de France… ».
Un calendrier qui parait bien maigre comparé à celui de combat auquel se prépare le gouvernement, à la plus grande satisfaction du patronat.




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