Politique

Remake de la loi de janvier 1969

Loi raciste au Sénat. Un quota de 3% de "gens du voyages" par commune !

Publié le 14 octobre 2016

Les décennies passent et le Sénat reste, avec ces racines profondément réactionnaires. Et faute d’idée, ou plutôt en complément, l’institution a déterrée une loi de janvier 1969. C’est ainsi que les Sénateurs ont, ce 12 octobre, rétablit un quota de 3% de "gens du voyage" par commune.

Frédéric Apoyo

« Le recyclage, ça marche pour les déchets, pas pour les idées ». Cette phrase choc, sortie par Nathalie Kosciusko-Morizet au débat des primaires de la droite, pourrait bien s’appliquer au Sénat. Si une loi avait été votée en juin 2015 pour supprimer le statut unique des "gens du voyage", instauré en janvier 1969, le Sénat est revenu à la charge. Moins d’un an après la suppression de cette loi, des pans entiers sont remis au goût du jour : En effet, les sénateurs ont voté, ce mercredi, l’article 48 du projet de loi « Egalité et Citoyenneté ». Ce dernier rétablit le principe du rattachement des gens du voyage à une commune et à ses listes électorales ... en instaurant un quota de 3% par commune !

Pour défendre le vote de cette loi, la sénatrice Les Républicains des Alpes Maritimes, Dominique Estrosi Sassone, est montée à la tribune pour expliquer que « ce dispositif est purement administratif et a été jugé conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel », affirmant avec une mauvaise foi qui frise le ridicule que cette loi « ne restreint ni la liberté de déplacement, ni la liberté de logement des intéressés. »

Pourtant, l’article 48 voté au Sénat ce mercredi 12 octobre n’a bien qu’un seul but : stigmatiser et rendre invisible une frange de la population, en l’occurrence les « gens du voyage ». Les sénateurs "de gauche" du Sénat ont beau jeu de crier au scandale, alors que la politique actuelle mené par leur gouvernement - notamment vis à vis de la jungle de Calais - est au moins aussi réactionnaire. Une surenchère réactionnaire qui fait notamment écho aux dernières déclarations en affirmant notamment qu’il y a « un problème avec l’islam ». Face à la surenchère de stigmatisation des populations, la seule solution progressiste passera avant tout par la prise en charge directe de ces questions par les premières victimes de cette politique, au côté de celles et ceux qui subissent le racisme d’Etat et la répression qui, en définitive, ne sont que les appendices d’une attaques massives émanant des classes possédantes.