Politique

Mobilisation en hausse

Lyon. Plus de monde que mardi. Même escorte policière, mêmes provocations

Publié le 19 mai 2016

Davantage de manifestant que mardi, aujourd’hui. Même la police a dû le reconnaître, elle qui avait parlé de 1800 personnes dans la manifestation lyonnaise du 17, contre 3000 aujourd’hui. Ce sont au moins trois fois plus de jeunes et de salariés qui ont battu le pavé, jusqu’à Bellecour, aujourd’hui sous escorte policière et canon-à-eau en tête de cortège. Du monde également à Saint-Etienne et à Roanne.

Correspondants

Le rendez-vous était donné pour un départ à 11h30 depuis la Manufacture des Tabacs en direction de la rive droite du Rhône. La pression et les violences policières de mardi n’ont pas dissuadé les travailleurs et les jeunes de se mobiliser, puisqu’au moins 9000 personnes ont défilé jusqu’à la Place Bellecour.

En début de manif, et pendant tout le parcours, les manifestants ont eu le plaisir d’avoir à leurs côtés la présence menaçante du canon-à-au, utilisé à plusieurs reprises, à Guillotière et à l’arrivée, contre des « jeunes menaçants », alors qu’en début de manif, les sacs et les contrôles étaient de mise, y compris contre un groupe de retraités cégétistes. Au-dessus des manifestants, un hélico en vol stationnaire et, de part et d’autre des cortèges, plusieurs escouades de gendarmes mobiles, dont les camionnettes étaient situées en tête de manif.

Dynamique, drapeaux syndicaux et banderole intersyndicale en tête réclamant le « retrait immédiat » de la Loi Travail, la manifestation a rejoint Bellecour peu avant 13h. Sur les dents, la préfecture exigeait le départ de tout le monde dans les plus brefs délais, avant même que le premier sandwich soit de la journée ne soit avalé. Rien de mieux, pour dissuader les trainards, que de gazer, ce à quoi les forces de répression se sont employés, avant que l’UD négocie avec la police que l’ensemble des quelque 1000 manifestants qui restaient encore sur la place puissent sortir. Huit manifestants, le plus jeune âgé de quinze ans, ont néanmoins été interpellés au cours du défilé, notamment à proximité du pont de la Guillotière, et sont actuellement en garde-à-vue.

Dans la Loire, la mobilisation était en hausse, également, avec 1500 manifestants à Saint-Etienne et plusieurs centaines à Roanne. En solidarité avec les cheminots en lutte, les rails ont d’ailleurs été bloqués pendant une heure et demie, dans le cadre d’une action coup de poing, en gare de Régny.

Partout dans les cortèges, la même interrogation : à quand la prochaine, puisque le gouvernement s’entête ?