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Secteur santé en danger !

Maison de retraite de Coutras : une grève en défense du droit à travailler et à vieillir dans la dignité

Publié le 15 novembre 2016

Mariana Cano

Coutras, un petit village en Gironde, calme…où le temps passe et les saisons se succèdent doucement sans que grande chose ne change, où tous les voisins se connaissent…s’est réveillé de son sommeil cet automne. A l’Etablissement d’Hébergement pour les Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) de Primerose, le personnel s’est mis en grève pour dénoncer leurs conditions de travail et demander l’embauche de deux aides-soignantes pour assurer la sécurité des personnes âgées qu’y résident.

« Aujourd’hui, les agents viennent travailler la boule au ventre, ils n’en peuvent plus, ils sont épuisés et ont le sentiment de ne pas faire correctement leur travail, de ne pas traiter dignement les personnes âgées. » (Sud Ouest 14 novembre 2016)

Dans l’unité protégée Alzheimer, les résidents sont seuls pendant les nuits, sans que personne ne puisse leur venir en aide en cas de problème. Ces personnes sont particulièrement vulnérables et le personnel de l’EHPAD n’accepte plus ces conditions inhumaines de traiter les résidents.

« Nous ne voulons pas de système automatisé, il faut du personnel supplémentaire ! » a été la réponse du personnel de santé face à la proposition de la part de la direction de l’hôpital de Libourne qui frôle la moquerie d’installer un détecteur de mouvement ! Les employés se battent pour l’incorporation de plus de personnel, et comptent aller jusqu’au bout, une rencontre avec le maire de Coutras aura lieu mardi prochain.

Les salariés de Coutras ne sont pas les seuls à se battre pour de meilleures conditions de travail, et une meilleure attention des patients, et le temps serait à l’unification des luttes pour être plus percutants…

Dans la région, le succès de la mobilisation et la grève du personnel de l’EHPAD Terre Nègre à Bordeaux, qui ont réussi à imposer à leur direction le remplacement des employés(es) absents(es), la mise en place d’un planning plus équitable en 10 ou 8 heures, est un exemple. Ces derniers ont également réussi à obtenir la promesse du paiement d’au moins la moitié des jours de grève.

Il est nécessaire de soutenir de toutes nos forces et avec tous les moyens ces travailleurs et travailleuses qui se battent pour ne pas « aller bosser la boule au ventre » mais aussi, et ce qui est le plus louable quant aux qualités humaines de ces salariés, le bien être de nos parents et nos grands parents parce qu’ils méritent une vieillesse digne.