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Politique

Violences policières

Manifestation contre la venue de Netanyahou : violences policières et une interpellation, un manifestant témoigne

Plus d’un millier de personnes ont manifesté ce mardi à Paris, Marseille, Lille et Lyon pour dénoncer la visite en France du Premier ministre israélien. Durant la manifestation parisienne, nassée dès ses débuts, Taha Bouhafs a été interpellé et victime de violence policières. Nous relayons avec son autorisation son témoignage ci-dessous.

« J’étais hier présent à la manifestation contre la venue du criminel de guerre Benyamin Netanyahou. Dès le début de la manifestation nous avons été nassés, cela a duré plusieurs heures, j’ai demandé plusieurs fois à être libéré de la nasse car je ne me sentais pas bien.

Un gendarme particulièrement agressif avec tout le monde finit par m’insulter, et plusieurs autres gendarmes viennent m’interpeller. Ils me saisissent violemment et m’emmènent en me tordant les épaules entre deux camions de gendarme à l’abri des regards ils me mettent des coups pour que je m’allonge.

Je leur signifie que j’avais des problèmes de santé et que j’étais hyper-laxe (très souple des articulations et donc facilement sujet à des luxations d’épaules) ils m’insultent me disent « on s’en fout on est gendarme nous on bosse pas pour la poste » ils me menacent de « me sécher » de faire « sauter mon épaule ».

Ils me mettent ensuite à terre à coups de balayettes et se mettent à cinq sur moi. J’ai un genou sur mon visage, un genou sur mon torse, un sur mes jambes et deux autres gendarmes qui me tiennent les bras en les tirant vers l’arrière. Je leur crie que je n’arrive plus à respirer, ils m’ignorent et continuent, je n’avais plus de souffle c’était vraiment horrible. Les autres gendarmes se mettent autour des camions pour empêcher les manifestants de filmer.

Ils fouillent mon sac prennent mon identité et ne trouvent rien de dangereux. Celui qui semble être le chef s’avance vers moi avec le sourire et me dit vous allez être emmené au commissariat du 8ème vous allez être auditionné pour rébellion.

A ce moment-là je tombe des nues, je lui fais part de mon incompréhension et il rit en me disant « ça a été un plaisir » je lui demande de quel plaisir il parle il me répond « celui de vous interpeller, allez salut ». A partir de là, ils m’emmènent dans un fourgon de police direction le commissariat central du 8ème arrondissement.

Je reste dans le fourgon devant le commissariat très longtemps sans aucun signe de personne. A l’extérieur j’entends parler de Tolbiac. Après deux heures passées dans le fourgon le policier qui conduisait me descend me fait rentrer dans le commissariat me menotte au banc. Et là j’ai 3 policiers très avenants, ils demandent avec un air exaspéré qui m’a menotté au banc, ils me démenottent immédiatement et me signifient qu’ils ne comprennent même pas pourquoi je me retrouvais la, que je ne vais même pas être auditionné. Et que les gendarmes avaient été cons. Ils vérifient une dernière fois mon nom dans leurs fichiers, et me laissent repartir comme je suis arrivé, sans aucune notification, aucun papier.

Résultat : de gros hématomes sur tout le long des deux bras, 2 heures de nasse, deux heures dans un fourgon et aucune notification de mon passage comme si rien ne s’était passé.

Merci les gendarmes, merci Collomb et surtout merci Macron qui reçoit des criminels de guerre oklm.

Quoi qu’il en soit, je continuerai évidement à rester mobilisé sur toutes les manifestations tous les rassemblements, et les actions de boycott. Parce que si j’avais été palestinien je serais sûrement mort assassiné pour avoir manifesté pacifiquement.

Palestine vivra Palestine vaincra »




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