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Politique

Crise en macronie

Manuel Valls abandonne Macron pour briguer la mairie de Barcelone avec la droite réactionnaire

Depuis l’affaire Benalla et la démission de Hulot l’hémorragie du gouvernement ne s’arrête pas. Ce mardi 25 septembre, l’ex-Premier ministre Manuel Valls annonçait à Barcelone sa volonté de présenter sa candidature à la marie de la ville catalane en 2019.

Crédits photo : Pau Barrena / AFP

Crise au sommet et défections en chaîne

La crise par en haut que connaît le gouvernement depuis l’affaire Benalla ne va qu’en s’aggravant avec la défection en série de ses ministres, en débutant par Hulot, en passant par Flessel et jusqu’à l’annonce de la démission prochaine de Gérard Collomb, soutien de Macron des premières heures. Économie en berne et crise de consensus malgré l’avatar du « nouveau monde », la base sociale de Macron continue à s’effriter. C’était au tour de Manuel Valls, ce mardi 25 septembre, d’annoncer à Barcelone sa volonté de présenter sa candidature à la marie de la ville catalane en 2019. Et d’annoncer par la suite, sa démission la semaine prochaine, de l’Assemblée Nationale. Même si peu actif au sein de LREM, l’ex-Premier ministre, était une des figures connues du nouveau bloc politique.

Son départ est d’ailleurs caractéristique de l’arrivisme des individus qui compose ce bloc LREM. De même qu’hier il quittait le PS lorsque le bipartisme française s’effondrait, aujourd’hui il largue le navire du projet macronien qui commence à être moins « porteur ».

Valls aux avant-postes pour la recomposition de la droite réactionnaire à Barcelone

Son projet en Catalogne est de créer une plateforme large au côté de quelques secteurs de la droite espagnoliste, et notamment de Ciudadanos (C’s), un parti qui n’a aucune mairie dans toute la Catalogne et qui n’est que la troisième force dans la ville (5 conseillers municipaux), bien après la seconde qui compte 9 conseillers. Cependant pour l’ex-Premier ministre il semble plus intéressant de jouer à recomposer la droite réactionnaire à Barcelone qu’à palier la décomposition prématuré du macronisme.

Le projet politique de Manuel Valls s’appuie sur des bases simples. En tirant profit du conflit ouvert en Catalogne depuis l’automne dernier et entouré déjà depuis plusieurs mois par une équipe de campagne principalement issu de Societat Civil Catalana (une association culturelle étroitement lié au franquisme) l’ex-Premier ministre veut accéder à la mairie en s’appuyant sur la recomposition de l’espagnolisme au sein de la Catalogne. Pour cela, il compte sur le soutien de Ciudadanos, le parti populairement connu comme le parti de l’Ibex35 (CAC40 espagnol) et le financement et l’appui ouvert des principaux patrons catalans. Ce qui lui vaut déjà le surnom de « candidat des riches », en hommage à celui qu’il vient de décider de quitter.

La recomposition de la droite au sein de la capitale catalane est un enjeu national qui touche au projet de restructuration réactionnaire de l’ensemble de l’État espagnol clairement affiché depuis l’automne dernier. Barcelone, en ayant été récemment le lieu privilégié des phénomènes de lutte de classe intenses comme le mouvement des indignés en 2011 ou le mouvement indépendantiste de l’année dernière, est aujourd’hui l’un des principaux bastions à mater pour les classes dominantes.




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