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Soutien aux grévistes mahorais

Mayotte. Les ouvriers de chez Total reconduisent la grève

Depuis le vendredi 11 août, les salariés de Total sont en grève. Face aux propositions dérisoires de la direction, la grève a été reconduite ce dimanche. Alors que Mayotte commence à connaître une pénurie de carburant, les négociations se font attendre et la tension monte.

Crédit image : AFP Charly Triballeau

Les grévistes de Total à Mayotte exigent de meilleures conditions de travail ainsi qu’une hausse des salaires. « Que ce soit au siège de Total Mayotte, en station service, en dépôt de carburant, nous constatons que ces conditions de travail sont devenues pitoyables », a déclaré à la presse Patricia Mandine, secrétaire du CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail). Alors que le débrayage avait commencé vendredi, la direction était intervenue faisant miroiter un droit de remise sur le prix du gaz, et en commençant à menacer les travailleurs. En plus de ne proposer aucun montant, cet « avantage » ne correspond en rien aux revendications des travailleurs qui refusent fermement de continuer à se faire exploiter par le géant Total. « Supermajor » classé 24e entreprise mondiale en termes de chiffres d’affaires et qui vient tout juste de signer un accord de 4,8 milliards d’euros avec l’Iran.

Face au mépris de la direction, la grève avait été reconduite ce dimanche pour une durée indéfinie. Un communiqué avait été publié afin que le mouvement s’amplifie : « A cette heure, aucune station ne fonctionne et les dépôts sont également bloqués. Le syndicat FO a demandé à tous les salariés de débrayer afin que la direction de Total Mayotte se remette autour de la table et puisse s’engager sur l’amélioration des conditions de travail et de rémunérations ».

Aujourd’hui, la grève à un impact très important, Total ayant de plus le monopole sur l’île en matière d’hydrocarbure. Toutes les stations essence de l’île sont fermées, à l’exception de celles de Kaweni et Majicavo, saturées. Les sorties de camions-citernes chargés d’approvisionner les stations sont quant à elles bloquées au dépôt.

Les autorités locales se sont empressées de prendre des décrets, dès le lendemain du débrayage en prévision d’une possible pénurie. Elles en appellent au « civisme » de la population, ont établi une liste des véhicules prioritaires pour l’approvisionnement en essence et ont interdit temporairement le stockage de carburants dans des bidons pour des « raisons de sécurité ». Et bien évidemment, la police a été envoyée contre les grévistes afin de débloquer les dépôts.

Les services de ramassage des ordures fonctionnent au ralenti ; et la population locale n’aura bientôt plus accès aux carburants, ce qui promet de nombreuses pressions sur les autorités locales qui ne manqueront certainement pas de se répercuter sur les grévistes. La CPME (confédération des petites et moyennes entreprises) écrivait hier au préfet pour réclamer un service minimum et des mesures de dédommagement, craignant une mise en danger du tissu économique local.

Face aux différentes pressions et à l’urgence de la situation pour le bon fonctionnement économique de Mayotte, la direction, qui refusait au départ toute négociation sans reprise préalable du travail a dû revenir sur ses positions aux vues de la détermination des grévistes. Une première entrevue avait été fixée à ce jeudi 17 août. La CFDT s’est désolidarisée du mouvement alors même que c’est elle qui l’avait impulsé avec le syndicat FO de Total Mayotte. Cependant, les syndicats CGT et FO de SMSPP, la filiale logistique du Total soutiennent désormais le mouvement. Un rapport de force qui pourrait faire plier la direction de Total, et qui pourrait servir de point d’appui pour les autres secteurs combatifs de l’île.




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