Société

L’esprit canal...

Menaces sur Canal +. Bas les pattes Bolloré !

Publié le 22 avril 2016

Direct Matin, D8, Autolib, la Françafrique, etc… et Canal + c’est lui. Vincent Bolloré, magnat du business néocolonial et actionnaire majoritaire de Vivendi, la maison mère de la chaine, avait repris en main Canal + en septembre 2015. Hydre multicéphale, il est aujourd’hui à la tête des conseils de surveillance du groupe et de la filiale, comme de multiples autres entités.

Pierre Riep

Après avoir licencié toute la direction de la chaine, il l’a soumis à une véritable cure d’austérité. On ne compte plus ses sorties dans la presse et ses coups de pressions aux producteurs des émissions et aux salariés. Le Grand journal à Cannes pendant le festival ? Supprimé ! Et le grand patron, qui mettait si volontiers à disposition de Sarkozy son yacht, de reprocher aux animateurs « les chambres avec vue sur la mer »….

Il a beau jeu d’évoquer la concurrence de Netflix et de Being sports … lui qui sait si bien s’entendre avec la direction qatarie de la chaine sportive pour se partager les copieux droits du foot.

Le maintien des Guignols en clair avait été arraché de haute lutte par les salariés de l’émission, soutenus par les téléspectateurs. La résistance se poursuit, notamment du côté du Zapping qui a dédié un spot entier au grand chef.

La nouvelle mouture de la chaine, à la sauce Bolloré, ne convainc pas. Avec 218000 abonnés en moins en six mois, sa reprise en main est un véritable fiasco, mais il persiste, en menaçant carrément ces derniers jours d’en finir avec Canal +.

L’œuvre du grand patron se résume à une destruction systématique et très peu créatrice. Qu’on en juge aux programmes faussement osés et d’une vacuité sans fin de D8, le « fleuron » du groupe, présenté comme modèle. Bolloré entendrait réduire drastiquement, voire même supprimer les programmes en clair de la chaine, qui ont forgé l’ « esprit canal ». Si ce fameux esprit a toujours été un peu galvaudé et si la lucidité est de mise quand au contenu des programmes, il serait absurde de ne pas être aux côtés des salariés, qui risquent le licenciement. Le salut de la chaine ne pourra venir que de celles et ceux qui la font vivre au quotidien et sont souvent oubliés derrières les grandes figures de l’audimat.

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